L’Oiseau Rare et la « nationalité ivoirienne » : quand une phrase enflamme la toile gabonaise
Meta description SEO : Le chanteur gabonais L’Oiseau Rare est au cœur d’une vive polémique après avoir déclaré en direct que la Côte d’Ivoire allait lui accorder la nationalité. Une phrase perçue comme une trahison par de nombreux Gabonais.
Une performance au FEMUA qui tourne à la controverse
Du 28 avril au 3 mai 2026, Abidjan a accueilli la 18e édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo, mieux connu sous l’acronyme FEMUA. Parmi les artistes invités à représenter leur pays figurait Mohamed Ben Kourouma, alias L’Oiseau Rare, chanteur gabonais résidant actuellement en Côte d’Ivoire.
Sa présence sur scène, loin de fédérer, a rapidement suscité des remous au sein de la communauté gabonaise. Nombreux étaient pourtant ceux qui avaient fait le déplacement ou suivi l’événement en ligne pour le soutenir. Mais la prestation a été jugée trop orientée vers le goût local ivoirien, au détriment de l’identité musicale gabonaise que le public attendait.
La phrase qui a tout fait basculer
Si la performance scénique a déjà semé le trouble, c’est une déclaration faite lors d’un direct sur les réseaux sociaux qui a véritablement mis le feu aux poudres. Emporté par l’enthousiasme de l’accueil ivoirien, L’Oiseau Rare a lancé avec enthousiasme : « Je sais que d’ici là, ils vont me donner la nationalité ivoirienne. »
Pour l’artiste, ces mots se voulaient une simple expression de gratitude envers son pays d’accueil. Mais au Gabon, ils ont résonné comme une gifle. En quelques heures, la phrase a envahi les fils d’actualité, déclenchant une vague d’indignation difficile à contenir.
Une opinion publique gabonaise entre déception et colère
Sur les plateformes numériques, les réactions ont été immédiates et tranchées. Une partie des internautes exprime une déception profonde, estimant que l’artiste a toujours entretenu un lien ténu avec sa terre d’origine. D’autres dénoncent un opportunisme assumé, rappelant non sans amertume que L’Oiseau Rare aurait bénéficié de la nationalité gabonaise grâce à un fort soutien populaire et à une décision du Chef de l’État.
Cette contradiction perçue entre ce qu’il doit au Gabon et ce qu’il semble revendiquer ailleurs cristallise un sentiment de trahison difficile à effacer.
Entre rayonnement international et loyauté nationale : un équilibre introuvable ?
Au fond, la polémique soulève une question qui dépasse le seul cas de L’Oiseau Rare : jusqu’où un artiste peut-il s’adapter à son pays d’accueil sans que cela soit perçu comme un reniement de ses origines ? La frontière entre gratitude et désaveu est ici mince, et visiblement franchie aux yeux d’une large partie du public gabonais.
L’artiste se retrouve désormais pris en étau entre deux identités, deux publics et deux attentes contradictoires. Pour l’heure, aucune mise au point officielle n’a semblé suffire à désamorcer la tension.
Une réconciliation encore incertaine
Le climat reste électrique entre L’Oiseau Rare et sa base gabonaise. Seule une démarche sincère et visible de sa part pourrait contribuer à refermer cette blessure identitaire. En attendant, cette affaire illustre avec éclat combien l’appartenance nationale, pour un artiste africain évoluant entre plusieurs pays, reste un terrain émotionnellement chargé et politiquement sensible.


























