Lors des récentes élections législatives au Togo, l’Union pour la République (Unir), le parti présidentiel dirigé par Faure Gnassingbé, a remporté une victoire éclatante, obtenant 108 sièges sur 113, selon les résultats préliminaires annoncés par la commission électorale nationale indépendante (CENI) le samedi 4 mai à Lomé. Cette écrasante majorité consolide la position politique du président Gnassingbé pour les six prochaines années, dans un pays qu’il dirige depuis 2005, succédant à son père qui a gouverné pendant près de trente-huit ans.
La nouvelle configuration institutionnelle, établie par une Constitution récemment adoptée, instaure un régime parlementaire, transférant le pouvoir exécutif à la présidence du conseil des ministres, automatiquement attribuée au chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, en l’occurrence Faure Gnassingbé, président de l’Unir.
Cependant, cette réforme constitutionnelle a suscité des critiques de la part de l’opposition et des organisations de la société civile, dénonçant un « coup d’État institutionnel » et redoutant une pérennisation du pouvoir de Faure Gnassingbé. Selon la Constitution précédente, le président Faure Gnassingbé aurait été limité à un dernier mandat en 2025, mais l’opposition craint que l’abolition du suffrage direct pour l’élection présidentielle ne permette au chef de l’État de se maintenir sans restriction de mandat, tant que son parti remporte les scrutins législatifs.
Malgré les critiques concernant le déroulement du scrutin, les instances régionales et internationales ont globalement salué le bon déroulement du processus électoral, bien que certaines voix de l’opposition aient déploré le nombre restreint d’observateurs internationaux déployés.
Face à ces enjeux, treize partis politiques et organisations de la société civile au Togo ont intenté une action en justice devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour contester la validité de la nouvelle Constitution. Malgré les contestations et les appels à manifester de l’opposition, les autorités ont maintenu l’interdiction des manifestations depuis 2022, suite à des événements survenus sur le site du grand marché de Lomé, marqués par la perte d’un gendarme.


























