À Malinga, l’école publique se dresse comme un symbole de résilience mais aussi d’abandon. Depuis six ans, six enseignants y travaillent sans salaire, rejoints par un jeune sortant d’école également non rémunéré. Seuls trois enseignants perçoivent un revenu, créant une fracture criante au sein du corps enseignant. Pourtant, tous accomplissent chaque jour leur mission avec la même ardeur, animés par le sens du devoir et la conviction demeure la clé de l’avenir des enfants.
L’établissement, composé de cinq salles de classe, illustre les carences structurelles qui gangrènent l’éducation dans certaines régions du Gabon. Les élèves s’entassent sur des tables-bancs insuffisantes et vétustes, tandis que le directeur de l’école publique de Malinga ne dispose même pas d’un bureau pour exercer ses fonctions. Plus grave encore, l’école ne possède pas de pré-primaire, privant les plus jeunes d’une base éducative essentielle. Les conditions de travail des instituteurs sont extrêmement difficiles, et celles d’apprentissage pour les élèves, précaires.
Les promesses d’intégration répétées par les autorités, souvent formulées sur le ton rassurant du « ça va aller », n’ont jamais été suivies d’effets. Cette attente interminable nourrit un sentiment d’injustice et d’abandon. Comment expliquer que des hommes et des femmes, investis dans une mission aussi fondamentale que l’éducation, puissent être laissés sans rémunération pendant plus d’une demi-décennie ? La situation met en lumière les dysfonctionnements d’un système où la parole politique ne se traduit pas en actes concrets.
Au-delà des chiffres, c’est la dignité des enseignants qui est en jeu. Leur engagement quotidien contraste avec l’indifférence institutionnelle. Les enfants de l’école publique de Malinga, eux, paient le prix fort : un environnement scolaire dégradé, des enseignants démotivés par la précarité et une éducation compromise. L’école publique de Malinga devient ainsi le reflet d’un Gabon à deux vitesses, où certaines régions bénéficient d’investissements tandis que d’autres sont laissées dans l’ombre.
Sans une volonté politique ferme et des mesures concrètes, l’école publique de Malinga risque de rester un lieu d’espérance brisée. Les enseignants, eux, continueront à travailler avec le cœur, mais jusqu’à quand pourront-ils supporter ce silence institutionnel ?












































