Deux ans après le coup d’État du 30 août 2023, la transition gabonaise apparaît, aux yeux de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), comme une promesse brisée. Dans une déclaration rendue publique le 26 janvier, la CNR dresse un constat sévère d’un pays qui, selon elle, a manqué le rendez-vous de l’histoire. L’élan de rupture annoncé au lendemain du changement de régime se serait peu à peu dissipé, comme un mirage politique, laissant place à une transition qu’elle qualifie de ratée. Pour la coalition, l’espoir d’une restauration des institutions et d’un retour à la dignité nationale s’est mué en profonde désillusion collective.
La formation politique estime que le Gabon s’enfonce désormais dans une crise multidimensionnelle, où s’entrelacent difficultés économiques, insécurité croissante et tensions sociales persistantes. Sur le plan économique, le diagnostic est alarmant. La CNR affirme que la dette publique aurait augmenté de plus de 1 400 milliards de francs CFA en moins d’un an, portant le taux d’endettement à plus de 13 % du produit intérieur brut. Cette dérive chiffrée est présentée comme le symptôme d’une gestion catastrophique des finances publiques, incapable de contenir les déséquilibres ni de rassurer les partenaires économiques.
À ce tableau sombre s’ajoute une situation sécuritaire jugée préoccupante. La coalition relève une recrudescence des enlèvements et des crimes rituels, donnant l’image d’un pays où la peur s’installe dans les consciences. Le climat social n’est guère plus apaisé. Les mouvements de grève se multiplient, traduisant un malaise profond et persistant au sein de la population active. Pour la CNR, ces tensions révèlent un fossé grandissant entre les promesses de la transition et la réalité quotidienne vécue par les Gabonais.
Revenant sur le contexte ayant précédé le coup d’État, la coalition rappelle les propositions qu’elle avait formulées pour une véritable renaissance nationale. À ses yeux, cinq faillites majeures illustrent aujourd’hui l’échec de la transition. Elle évoque d’abord la violation de la Charte de la transition, censée encadrer l’action des autorités. Elle dénonce ensuite l’échec du Dialogue national inclusif, perçu comme une occasion manquée de réconciliation. La CNR critique également l’incapacité à restaurer des institutions crédibles, estimant que la nouvelle Constitution présente de sérieuses lacunes.
À ces manquements institutionnels s’ajoutent, selon la coalition, une mauvaise gestion de l’économie et des échecs socio-économiques accumulés, qui fragilisent davantage la cohésion nationale. « Les autorités du CTRI n’ont pas été à la hauteur des attentes légitimes des Gabonais », déplore la CNR, dénonçant par ailleurs « l’installation insidieuse d’un climat de terreur » orchestré par le pouvoir. Face à ce qu’elle considère comme une impasse politique, la coalition lance un appel solennel à la constitution d’un large front démocratique uni, fondé sur des bases justes et inclusives. Pour elle, seule une alternative crédible et collective permettra d’ouvrir la voie à un changement véritable et durable au Gabon.

























