Il y a des colères qui valent mille discours. Celle exprimée ce mardi 3 mars 2026 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, face aux responsables de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon, résonne comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà chargé. Convoqués à une séance de travail musclée aux côtés des représentants du groupe SUEZ et du ministre Philippe Tonangoye, les dirigeants de la SEEG ont été placés devant leurs responsabilités avec une netteté qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Libreville étouffe sous des décennies de coupures intempestives d’eau et d’électricité. Le Chef de l’État a décidé que cela ne pouvait plus durer.
Le tableau dressé par le président est sombre comme une nuit sans courant. Derrière les pannes à répétition qui paralysent le Grand Libreville se cache, selon lui, une réalité bien plus grave : une mauvaise gestion enracinée, des mécanismes opaques qui prospèrent dans l’ombre, un manque criant de rigueur et de transparence vis-à-vis de l’État comme des entreprises sous-traitantes. À cela s’ajoute une communication défaillante envers les usagers, ces millions de Gabonais qui attendent l’eau et la lumière comme on attend la pluie en saison sèche. La SEEG, entreprise vitale pour la nation, a longtemps fonctionné comme une boîte noire. Oligui Nguema exige désormais qu’elle devienne une maison de verre.
Le partenariat stratégique signé il y a quelques mois avec le groupe SUEZ constitue, aux yeux du Chef de l’État, bien plus qu’un simple contrat technique. C’est un pacte de refondation, un engagement solennel à restaurer la confiance entre l’État, l’opérateur et les populations. Ce contrat, a-t-il martelé, doit incarner une volonté politique forte d’assainir la gestion et de garantir un service public digne des attentes des Gabonaises et des Gabonais. Les nouvelles technologies apportées par SUEZ ne pourront produire leurs fruits que si les hommes et les femmes aux commandes acceptent de jouer collectif, avec transparence et engagement total.
La feuille de route est désormais tracée avec la précision d’un scalpel. Des mesures de redressement financier sont attendues sans délai. Les listes des personnes impliquées dans des actes frauduleux devront être rendues publiques, comme on expose au soleil ce qui a trop longtemps pourri dans l’obscurité. Cadres dirigeants et techniciens sont sommés de se retrousser les manches et de collaborer pleinement. Le message du président est limpide : la SEEG n’est pas une forteresse privée, elle est un service public, et le peuple gabonais en est l’unique actionnaire légitime. L’heure des comptes a sonné.







































