Le départ de Jean Eyeghe Ndong de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et le discours de Jean Ping du 16 août dernier mentionnant ce départ ont suscité des avis différents. Parmi ces avis, il y a celui du Président du 7MP (Opposition), Joël Ngoueneni Ndzengouma, parvenu à notre Rédaction dans une Tribune libre. Lecture !
Le 16 août 2021, Son Excellence Jean Ping a fait une adresse à la Nation gabonaise. Le contexte politique dans lequel ce discours a été fait et les multiples interprétations des uns et des autres me conduisent à partager la présente analyse sur cette allocution, en vue de donner ma compréhension du message délivré. Dans les lignes qui suivent, une pensée majeure, choisie parmi tant d’autres, retient mon attention. Le présent essai s’évertue alors de développer l’idée sur la Perte de certains Alliés.
Le discours du Président Jean Ping a été délivré après un communiqué, paru le 13 août 2021, suite à la déclaration de Jean Eyeghe Ndong du 11 août 2021, dans laquelle ce dernier a dénoncé le mutisme et l’immobilisme de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et annoncé son départ dudit regroupement politique. L’adresse à la Nation du Président élu n’a pas manqué de dire un mot sur ce fait politique. Dans son propos, Jean Ping expose, en filigrane, l’argumentaire suivant :
Le combat pour la libération du Gabon est rude et long. En vue d’être efficace et efficient, nous ne pouvons pas nous permettre d’agir ou de réagir aveuglement, sans mesurer ni doser nos actions. Une chose fondamentale doit nous préoccuper : la libération du Gabon du système Bongo-PDG.
Les Silences et l’immobilisme apparents, que dénoncent certains, doivent être compris dans le sens de la volonté du Président élu à préserver le Gabon des affres du chaos que certains pays frères ont connues. Loin d’être une lâcheté ou une abdication, cette méthode est un élan de responsabilité. Penser des actions politiques, en les décidant après des temps d’échanges, de réflexions, de prières et d’actions diplomatiques, est une exigence de la délicatesse de la lourde et difficile mission dont s’est chargé le Président élu.
Elle consiste à libérer le Gabon d’un pouvoir dictatorial qui s’est enraciné depuis plus de cinquante ans. Pour réussir, avec le moins de dégâts possibles, nous n’avons pas d’autres choix que de miser, à fond, sur la diplomatie et le rapport de force pacifique et intelligeant qui nous permettent aujourd’hui de constater l’asphyxie du pouvoir en place. En effet, face aux difficultés diplomatiques auxquelles les tenants du pouvoir sont confrontés, il ne leur reste que la possibilité de jouer leur dernière carte : le débauchage, au moyen de la transhumance !
Que veulent-ils démontrer, en orchestrant cette vaste opération d’attraction des partisans de la CNR ? A qui veulent-ils adresser ce message, en brandissant ces prétendus butins de guerre ?
En esquisse de réponse, il faut simplement revisiter les évènements liés à la caravane que Jean Ping a conduite, de 2014 à 2016, en sillonnant le Gabon profond et quelques pays amis. Au cours de plusieurs rencontres, tous les compatriotes qui ont désormais quitté le camp Ping, pour dorénavant être des Collabos du système Bongo-PDG, l’ont présenté aux Gabonais et aux Amis du Gabon comme étant le Josué qui a pris le relai de Moïse, pour faire entrer le Gabon dans la terre promise. Ping a d’ailleurs tenu à les remercier pour avoir été des Prophètes qui ont vu juste, en ce temps-là.
Mais, dommage qu’ils ont été des Oracles qui n’ont pas su résister à l’épreuve du désert ou à l’épreuve du feu qui purifie le groupe. Peut-être que leur départ est intimément lié à leur destin : celui de ne pas rentrer dans la terre promise, avec la Nouvelle Génération qui n’entend pas se résigner et abandonner. Pour la Nouvelle République, peut-être que ces déserteurs étaient de l’ivraie que Dieu a tenue à séparer du bon grain. Peut-être ! A n’en point douter, Jean Ping a tenu à affirmer que, malgré leur départ, le combat continue ; et qu’il va se poursuivre sans eux, probablement avec plus d’efficacité et de réussite, avec le concours des fidèles parmi les fidèles, avec des résistants patriotes qui n’ont pour seul point de mire que la libération du Gabon, l’alternance et le changement.
Joël Ngoueneni Ndzengouma,
Président du 7MP

























