Lors d’un point de presse organisé ce samedi 13 juillet 2024 à l’esplanade du ministère de la Santé, le Syndicat national du personnel de santé publique du Gabon (Synaps P-GA), par la voix de son secrétaire général Éric Akouri, a déploré le mépris et la maltraitance subis par le personnel de santé dans les hôpitaux gabonais, exacerbés par un récent décret d’affectation injuste. En réponse à cette situation critique, les infirmiers prévoient d’orchestrer une journée de protestation intitulée « Hôpital 24 heures sans infirmiers » dans les prochains jours. Cette action vise à attirer l’attention sur les dysfonctionnements et les injustices dont souffrent les professionnels de la santé.
Éric Akouri a souligné que les infirmiers assistants, une catégorie clé du personnel de santé, subissent depuis plus de 20 ans une stagnation de carrière inacceptable. « Nous pensons que nous avons fait ce qui est nécessaire à notre niveau et nous pensons que le moment est venu de rendre des comptes à la base », a-t-il déclaré. Le Synaps P-GA dénonce le fait que ces agents servent dans la même catégorie depuis deux décennies, sans aucune perspective d’avancement. « Depuis plus de 20 ans, vous conviendrez avec moi qu’il est anormal pour un agent de servir pendant plus de 20 ans dans la même catégorie. Nous disons non .»
Le syndicat a également critiqué la gestion actuelle des infrastructures de santé, qui privilégie l’apparence des bâtiments au détriment du bien-être du personnel. « Ça ne sert à rien d’avoir de beaux bâtiments. Oui, il y a de bons bâtiments, ils sont inaugurés à grandes pompes. Ils sont climatisés, ils sont sûrement équipés pour quel personnel? Frustré, abandonné, maltraité. »
Le manque de formation et de recyclage pour les infirmiers est également un problème majeur. « Pas de recyclage, pas de formation en interne et s’il y a de formation ce sont les mêmes personnes qui bénéficient de ces formations. Nous disons non », a dénoncé le SG, Éric Akouri.
Le Synaps P-GA appelle à une révision urgente de la politique du ministère de la Santé concernant les avancements de carrière. « Le bâtiment est beau oui mais les hommes qui sont à l’intérieur […] se sentent oubliés. Nous disons qu’il faut que le ministère prenne en compte cette catégorie des agents, qui depuis plus de 24 ans traîne dans les mêmes catégories pas d’avancement. Rien du tout. Tout est bloqué. » Le syndicat estime que ces réformes sont cruciales pour garantir des soins de qualité aux patients et pour maintenir le moral du personnel soignant.
Enfin, le récent décret d’affectation a exacerbé le sentiment d’injustice parmi les infirmiers. « Il y a une incohérence grave. Il y a du copinage. Nous disons non », a rejeté le SG du Synaps P-GA, Éric Akouri.
Les mutations effectuées sans le consentement des concernés sont perçues comme arbitraires et injustes. « On ne peut pas affecter les gens sans leur consentement. On ne peut pas faire des gens ce que l’on veut au motif qu’ils sont des fonctionnaires de l’État non. », a martelé le SG du Synaps P-GA.
En réponse, le Synaps prévoit une journée de grève, « Hôpital 24 heures sans infirmiers », pour dénoncer ces pratiques et exiger une prise en compte équitable de toutes les catégories du personnel de santé. « Unis, nous sommes forts. Si toi tu montes en grade, il y a aussi ton collègue en bas, lui aussi il doit monter », a conclu Éric Akouri.











































