Dans une tribune libre, le Pasteur, Aumônier international et juge de Paix Philippe César Boutimba Dietha loue l’attitude du respect de la période du veuvage de Lambert-Noël Matha en phase avec nos coutumes et traditions. C’est une invite à tous les démolisseurs de l’identité gabonaise. Lecture !
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Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Depuis le 03 novembre 2022, Lambert-Noël Matha honore avec dignité la mémoire de Marynella Désirée, la femme qu’il avait épousée en pays kota selon les lois de nos sociétés anciennes.
Jusqu’à la veillée mortuaire du 11 novembre, le ministre d’État était strictement logé dans une chambre aménagée pour son veuvage. Il ne se présentait pas au salon de sa propre maison, il ne s’asseyait ni sur une chaise ni sur un fauteuil; c’est un matelas qui lui servait de canapé-lit. Peu importe le statut des visiteurs, le ministre ne se levait pas, ne tendait pas la main et ne parlait à personne, sauf cas de force majeur, mais toujours dans le strict respect du droit coutumier.
Les rares passants qui ont eu accès à sa chambre de veuvage avaient interdiction de lui adresser directement la parole; deux personnes assises autours de lui avaient la mission d’échanger en son nom avec les gens.
C’est ainsi que le premier flic de la République a momentanément coupé les ponts avec ses devoirs professionnels et ses obligations politiques. Une autre façon de valoriser la femme en terrain conjugal, une manière d’enseigner par l’exemple les obligations du chef de famille dans le droit coutumier des peuples du Gabon.
Si un homme de sa dimension, Lambert-Noël Matha, est capable de pleurer sa bien-aimée avec pudeur et solennité, dans une bonne attitude de veuvage, pourquoi une femme moderne ne devrait-elle pas faire pareil pour son cher conjoint?
Nos condoléances à la famille éplorée.
Libreville, le 13 novembre 2022
Philippe César Boutimba Dietha










































