Parmi les décisions majeures adoptées lors du conseil des ministres du 26 février figure le projet de décret fixant les principes généraux et les modalités de mise en œuvre du programme national de sécurité de l’aviation civile (PNS), porté par le ministère des transports, de la marine marchande et de la Logistique.
Ce texte, pris en application de l’article 168-3 de la loi n°026/2025 du 18 juillet 2025 modifiant la loi n°023/2016 du 29 décembre 2016 portant Code de l’Aviation civile, vise à structurer et formaliser l’établissement ainsi que la gestion du Programme national de sécurité.
L’enjeu est technique, mais fondamental. La sécurité aérienne ne repose plus uniquement sur la réaction aux accidents ; elle s’appuie désormais sur une approche systémique fondée sur l’identification proactive des risques, l’analyse des incidents et la prévention continue. C’est précisément l’esprit du Programme National de Sécurité.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique de conformité avec les Normes et Pratiques recommandées de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), conformément aux engagements découlant de la Convention de Chicago du 7 décembre 1944. En matière d’aviation civile, l’alignement sur les standards internationaux n’est pas une formalité diplomatique ; il conditionne la crédibilité, la connectivité et l’attractivité d’un État dans le système mondial du transport aérien.
La coordination du programme sera assurée par l’Agence nationale de l’Aviation civile (ANAC), en collaboration étroite avec le Bureau d’Enquêtes sur les Incidents et Accidents d’Aviation (BEIAA). Cette articulation est stratégique : l’autorité de supervision et l’organe d’enquête doivent fonctionner de manière complémentaire, tout en préservant leur indépendance fonctionnelle. La sécurité moderne repose sur le retour d’expérience, ce que les spécialistes appellent le « feedback loop » : chaque incident devient une donnée, chaque donnée devient une amélioration.
Concrètement, la mise en œuvre du PNS permettra :
– d’identifier et hiérarchiser les risques opérationnels ;
– de renforcer les capacités nationales de supervision ;
– d’améliorer la culture de sécurité chez les exploitants ;
– de consolider la réputation du Gabon dans l’espace sous-régional et international.
Dans un monde où la moindre faille peut avoir des conséquences majeures, la sécurité aérienne n’est pas un domaine où l’approximation est permise. Elle exige méthode, discipline réglementaire et culture organisationnelle.
Ce projet marque ainsi une étape structurante : il ne s’agit pas simplement d’un décret technique, mais d’un signal fort adressé aux partenaires internationaux et aux usagers du transport aérien. La confiance dans le ciel se construit au sol, par la rigueur normative et la constance institutionnelle.
À Lambaréné, on dit :
« L’oiseau ne craint pas le vent quand son nid est solidement tressé. »










































