Il y a des drames qui traversent les murs des établissements scolaires et viennent frapper la conscience collective comme un coup de tonnerre en plein ciel serein. Le suicide de Steeven Mombo, élève de première S au Lycée national Léon Mba, survenu au niveau de la passerelle de l’établissement le 09 mars 2026, a plongé toute une communauté éducative dans la stupeur et le deuil. Face à l’onde de choc, le gouvernement gabonais n’a pas choisi le silence. Ce mardi 10 mars 2026, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a présidé un Conseil interministériel d’urgence pour transformer la douleur collective en réponse institutionnelle concrète.
Une commission interministérielle pour faire la lumière sur le drame
Réuni autour du coordonnateur de l’action gouvernementale, le Conseil interministériel a d’abord pris le temps du recueillement. Hermann Immongault a exprimé les condoléances du gouvernement à la famille éplorée et à l’ensemble de la communauté éducative meurtrie. Puis les mots ont cédé la place aux actes. Une commission interministérielle associant cinq départements ministériels a été officiellement annoncée. « Je demande la mise en place d’une commission interministérielle associant le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, le ministère de la Santé, le ministère des Affaires sociales chargé de la Protection de l’enfance et de la Femme, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation ainsi que le ministère de la Défense nationale », a déclaré le Vice-Président. Cinq ministères mobilisés autour d’un seul objectif : comprendre avant de prévenir.
Écoute, prévention et encadrement : l’école gabonaise convoquée devant ses responsabilités
La mission confiée à cette commission va bien au-delà d’un simple rapport administratif. Elle incarne la reconnaissance implicite que l’école gabonaise, dans sa course vers les résultats et les statistiques, a peut-être oublié en chemin de tendre l’oreille à ses élèves les plus fragiles. « Cette commission aura pour mission d’établir, dans les meilleurs délais, un rapport détaillé sur les circonstances exactes de ce drame, mais également de formuler des recommandations précises visant à renforcer les dispositifs de prévention, d’écoute psychologique et d’encadrement des élèves », a précisé Hermann Immongault. Des mots qui sonnent comme un aveu lucide : les murs d’une salle de classe ne suffisent pas à protéger une âme en détresse.
La séance interministérielle a également permis d’examiner l’exécution budgétaire 2026 et l’état d’avancement de la Transgabonaise. Mais ce mardi-là, c’est le prénom d’un lycéen disparu qui a pesé le plus lourd dans la salle. Steeven Mombo avait toute la vie devant lui. Son départ brutal oblige désormais le Gabon à bâtir une école qui protège autant qu’elle instruit.


























