La création de la Compagnie nationale de transport (CNT) devait ouvrir une nouvelle ère au Gabon. Elle résulte de la fusion-absorption de la Sogatra et de Trans’Urb. Pourtant, de nombreux usagers se demandent où en est vraiment le projet. Sur le terrain, sa présence reste difficile à percevoir. Les textes l’officialisent, mais le quotidien des populations ne change pas encore.
À Libreville, quelques panneaux d’arrêt estampillés CNT apparaissent çà et là. Ils donnent l’impression d’un réseau déjà opérationnel. Pourtant, les usagers ne constatent aucun changement concret. Aucun bus ne porte clairement le nom de la nouvelle société. Aucune réorganisation des services n’est perceptible, et les nouvelles dispositions restent invisibles. Cette vitrine symbolique alimente le scepticisme des habitants et des voyageurs.
Des tarifs annoncés qui ne s’appliquent pas
Les attentes étaient pourtant grandes. Sur Facebook, plusieurs annonces vantaient des tarifs très attractifs pour soulager les voyageurs. Le trajet Libreville-Mouila, affiché à 8 000 francs CFA, circulait largement. Séduit, un usager s’est rendu dans les locaux de l’ancienne agence Trans’Urb. Il voulait profiter de cette nouvelle grille tarifaire. Beaucoup de Gabonais espéraient enfin un transport plus abordable pour tous.
Sur place, la déception fut immédiate. Les prix annoncés sur internet ne s’appliquent pas encore. Les anciennes tarifications restent en vigueur au guichet. Cet écart entre la communication et la réalité surprend les clients. Il renforce le sentiment d’un projet qui avance surtout sur le papier, loin des attentes. Les voyageurs réclament désormais des informations claires et fiables dès maintenant.
Une fusion plus juridique qu’opérationnelle
Le Conseil des ministres du 18 septembre 2026 a officiellement entériné la création de la CNT. Pourtant, la transition opérationnelle paraît plus complexe que prévu. La Sogatra et Trans’Urb continuent de fonctionner selon leurs anciens mécanismes administratifs et commerciaux. Ces difficultés révèlent les obstacles du processus de fusion. Une structure commune ne semble pas encore gérer ensemble les deux entités.
Dans les faits, la fusion ressemble davantage à une réalité juridique qu’à une transformation du service public. Les habitudes anciennes persistent dans les agences. Les clients retrouvent les mêmes procédures qu’avant l’annonce. L’ironie n’échappe à personne : la CNT paraît plus visible sur les panneaux que sur les routes du pays. Les discours abondent, mais les bus restent encore introuvables aujourd’hui.
Des résultats concrets attendus par les Gabonais
Au-delà des effets d’annonce, les populations réclament des résultats concrets et mesurables. Elles veulent les constater dans leur quotidien. Face à cette attente, la tutelle doit accélérer les réformes nécessaires. La CNT ne doit pas rester un simple projet administratif. Elle ne doit pas devenir une marque apposée sur quelques infrastructures urbaines. Les citoyens jugeront l’action, non les promesses affichées.
Les Gabonais attendent donc une compagnie capable de concrétiser ses ambitions. Ils espèrent des tarifs compétitifs, un service fiable et des dessertes efficaces. Ils souhaitent aussi une réelle amélioration de la mobilité nationale. En matière de transport public, ni les communiqués ni les panneaux ne transportent les voyageurs. Seuls les autobus et les services déployés sur le terrain comptent vraiment.












































