Le groupe burkinabé Ebomaf, acteur majeur au Gabon depuis l’instauration de la Transition, manifeste son intention de résilier le contrat de concession de 26 ans le liant à la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII). Cette information a été rapportée par le quotidien L’Union .
D’après des sources concordantes, Mahamadou Bonkoungou, président du groupe Ebomaf, souhaiterait mettre fin à ce partenariat de manière amiable.
« Le groupe Ebomaf a déjà créé une autre entreprise pour concurrencer la CNNII.
Elle s’appelle la Panafricaine. Elle est déjà inscrite dans le fichier de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI).
Les responsables ont déjà débauché 10 agents de la CNNII et ambitionnent d’en prendre 10 autres », apprend-on de sources internes.
Ce revirement notable attribuerait à un climat de tensions croissantes au sein de l’entreprise maritime, ainsi qu’à des dissensions entre le groupe concessionnaire et le contre-amiral Alain Jérôme Mounguet Ingoule, directeur général de la CNNII.
« La concession d’Ebomaf, signée en février 2024, peine à se mettre en œuvre.
Pourtant, à la demande du concessionnaire, l’ensemble des documents nécessaires à l’application du plan ont été transmis. À ce jour, aucun retour ne nous est parvenu.
Je m’étonne donc que le blocage soit imputé à ma personne et à Monsieur le ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Mer », a affirmé le directeur général lors d’une réunion le 29 novembre 2024 dans les locaux de le CNNII.
Les délégués du personnel, quant à eux, posent comme condition préalable à la régularisation des 17 mois d’arriérés de salaires.
« Compte tenu de la léthargie actuelle de l’entreprise et après plusieurs consultations, il a été unanimement décidé ce qui suit :
L’organisation sous huitaine d’une rencontre réunissant le PDG d’Ebomaf, la Direction Générale de la CNNII, le ministre des Transports et le personnel, afin que cette concession prenne effectivement effet.
Le règlement intégral des 17 mois d’arriérés de salaire, conformément aux engagements du concessionnaire.
À défaut, le mouvement de grève, jusqu’aux périodes suspendues, sera relatif à l’émission de ce délai », précise le procès-verbal de l’assemblée générale du personnel.


























