Le Forum Central Africa Business Energy (CABEF), pendant sa quatrième édition, qui se tient à Libreville du 23 au 25 octobre 2024, s’affirme comme un levier stratégique pour l’industrialisation et l’accélération économique de l’Afrique centrale, grâce à la valorisation du gaz naturel. Cette édition, inaugurée par le vice-président de la Transition du Gabon, Joseph Owondault Berre, présence du Premier ministre Raymond Ndong Sima et certains ministres, met en lumière l’importance d’une intégration institutionnelle sous-régionale efficace, où le gaz naturel devient un moteur central de croissance.
Le thème choisi pour cette rencontre est révélateur des enjeux actuels : « Le gaz naturel comme clé de l’industrialisation et de l’accélération économique en Afrique centrale ». Comme l’a souligné le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, par ailleurs président en exercice de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Marcel Abeke, cette ressource constitue une « opportunité unique de transformation » pour la région, capable de générer des revenus significatifs et de diversifier les économies locales. Selon lui, le potentiel gazier de l’Afrique centrale, avec des réserves encore sous-exploitées, pourrait permettre d’exporter jusqu’à « 30 milliards de mètres cubes de gaz par an d’ici 2030 », offrant ainsi des perspectives de développement considérables.
Le Gabon, conscient de cette richesse, a d’ores et déjà initié des projets stratégiques tels que la production de GNL et de GPL, la construction de centrales électriques à gaz et la collaboration avec des acteurs majeurs comme Perenco, Maurel & Prom et Assala Energy. « Notre ambition pour les 10 prochaines années est de faire de la ressource gazière un tremplin pour l’industrialisation complète de notre pays », a affirmé le ministre Abeke. Cette dynamique devrait permettre non seulement de « générer de l’électricité » et de « créer des industries à forte valeur ajoutée », mais aussi d’éradiquer la pauvreté énergétique et d’améliorer la qualité de vie des populations.

Le projet CAPS (Central Pipeline System), présenté durant ce forum, s’inscrit dans cette stratégie d’intégration énergétique régionale. Ce pipeline de 3500 km, reliant les six pays membres de la CEMAC, symbolise la volonté commune des États d’Afrique centrale de « façonner leur destin » ensemble. Comme l’a rappelé le ministre Abeke, il s’agit d’un « projet intégrateur prioritaire » qui ouvrira la voie à une industrialisation accrue, notamment dans les secteurs miniers et agricoles, tout en stimulant le transfert de technologies.

Nathalie Lum, présidente du CABEF, a également réitéré l’importance des ressources gazières dans le redéploiement économique de la région. Pour elle, le gaz naturel n’est pas seulement une source d’énergie, mais « la clé de notre renaissance » permettant à l’Afrique centrale de cesser d’être un « suiveur » dans l’économie mondiale pour devenir un acteur pionnier d’un modèle de développement africain. Cette vision est partagée par le vice-président Joseph Owondault Berre, qui a insisté sur le fait que « l’Afrique centrale se trouve à un tournant de son histoire », où l’exploitation du gaz naturel doit se traduire par une indépendance énergétique et une souveraineté accrue.

La 4e édition du CABEF se distingue donc comme un événement décisif pour l’avenir énergétique et industriel de l’Afrique centrale, renforçant la coopération entre États et plaçant le gaz naturel au cœur d’une dynamique de prospérité partagée. L’intégration régionale à travers des projets comme le CAPS se veut le symbole d’une Afrique unie et résolument tournée vers un développement durable et autonome.


























