Libreville, Gabon – À l’approche des élections législatives et locales, le Gabon se trouve à un moment charnière de son processus de refondation. C’est dans ce contexte délicat que, le 18 septembre 2025, Abdou Abarry, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de l’UNOCA, a rencontré à Libreville Alexis Boutamba Mbina, Médiateur de la République.
Cette entrevue n’était pas une simple formalité diplomatique ; elle a mis en lumière le rôle crucial de la Médiature comme garant du dialogue et de la stabilité, un pilier essentiel soutenu par les Nations Unies pour assurer une transition démocratique apaisée. La présence d’Abdou Abarry s’inscrit dans une mission de bons offices des Nations Unies, visant à renforcer les institutions nationales gabonaises et à promouvoir un climat de paix avant ce rendez-vous électoral majeur.
Le représentant de l’ONU a souligné que le Gabon avait déjà franchi des étapes significatives, notamment le dialogue national, le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle. Les prochaines élections législatives et locales représentent l’ultime étape de ce processus de retour à l’ordre constitutionnel, et la réussite de cette phase dépendra en grande partie de la capacité du pays à maintenir un dialogue constructif et à prévenir les tensions.
C’est ici que la Médiature de la République prend toute son importance. Abdou Abarry l’a qualifiée de « chantre du dialogue » et de « creuset de sagesse », une institution appelée à fédérer une multitude d’acteurs : associations de femmes médiatrices, organisations de jeunes, représentants religieux. Ces entités sont, selon lui, des acteurs déterminants pour la création de la paix et de la quiétude sociale. L’appui de l’ONU à cette institution jeune mais stratégique est donc une reconnaissance de son potentiel à désamorcer les conflits et à favoriser la cohésion nationale, particulièrement dans un contexte pré-électoral où les passions peuvent s’exacerber.
Le représentant de l’UNOCA a également insisté sur la nécessité de donner plus de visibilité à la Médiature. L’adoption récente d’un texte fondateur est un pas fondamental, a-t-il affirmé, pour que l’institution puisse « prendre son lustre et jouer pleinement son rôle » au sein de la République. Cet engagement législatif constitue un signal fort de la volonté gabonaise de doter cette instance des outils nécessaires à son efficacité. En retour, les Nations Unies ont réitéré leur disponibilité à collaborer étroitement, offrant un soutien technique et stratégique pour renforcer ses capacités.
Un point d’importance capitale a aussi été abordé : la lutte contre les discours de haine. Alexis Boutamba Mbina mène un plaidoyer actif sur cette problématique, qui, comme l’a noté Abdou Abarry, dépasse les frontières du Gabon. Ce combat commun a même inspiré l’UNOCA à envisager l’élaboration d’une stratégie régionale contre les discours de haine en Afrique centrale. Cette initiative montre que la Médiature gabonaise ne se contente pas d’agir au niveau national, mais qu’elle contribue également à des efforts régionaux plus larges pour la promotion de la paix et de la tolérance.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























