« Deux ans de combat, deux ans de ténacité… et enfin la justice qui reprend ses droits. » C’est par ces mots que le collectif des employés du Groupe ARISE, conduit par Aboulou Nzambi, a ouvert sa conférence de presse ce 1er novembre 2025, dans les locaux de l’Aéroport de Libreville. Face aux médias, les travailleurs ont levé le voile sur un dossier foncier devenu symbole de litige : l’occupation de leur parcelle par des compatriotes qu’ils qualifient d’occupants illégaux à Mveng-Ayong dans la commune d’Akanda.
Un combat qui trouve enfin son épilogue
Après plus de deux ans d’incertitudes et de confrontations juridiques, 218 employés des sociétés GSEZ, GSEZ Airport, NOIP et OMP voient leurs droits rétablis.
Les terrains en litige, acquis en 2019 auprès de la Société Nationale Immobilière (SNI), avaient été attribués dans le cadre d’un programme RSE du Groupe ARISE, « une initiative qui visait à offrir un toit et une stabilité à ceux qui bâtissent au quotidien l’avenir industriel du pays ».
Cette démarche s’inscrivait dans la continuité d’autres projets sociaux tels que les programmes Les Bougainvilliers ou encore le site d’Owendo (8 hectares), concrétisant l’engagement du groupe envers ses collaborateurs.
« La justice n’a pas tremblé » : des décisions claires mais bafouées
Malgré plusieurs décisions de justice rendues en faveur du collectif, notamment en décembre 2023 et à trois reprises par le Tribunal de Première Instance de Libreville, certains individus, dont « des hauts gradés qui auraient dû être les premiers garants de la loi », ont poursuivi des constructions illégales après le 30 août 2023.

La légalité des titres fonciers a pourtant été confirmée sans équivoque :
« Les titres sont valides, les droits sont établis, la justice a parlé », rappellent les employés.
Quand la loi s’exécute… puis s’interrompt
Le 12 septembre, une réquisition de la force publique autorise la démolition de ces constructions irrégulières. Mais l’opération est stoppée net après un appel téléphonique de M. Steeve Mboh Mba, provoquant un véritable choc parmi les travailleurs.
« Nous avons vu la loi vaciller d’un coup de fil. C’était incompréhensible… presque surréaliste. »
C’est dans ce climat de tension que le collectif saisit le Secrétaire Permanent du Conseil de la Magistrature et son Président, exigeant la restauration de l’autorité judiciaire.
Le 29 octobre, un état des lieux méticuleux est réalisé en présence du Directeur Général de l’ANUTTC. Relevés, comptages et survols par drone permettent d’identifier les constructions litigieuses.
Sur 14 hectares, seuls neuf lots restent en négociation, parmi lesquels :
• les propriétés de Steeve Mboh Mba ;
• les nombreuses bâtisses de MIHINDOU Allystair (15 duplex, une villa et un siège d’entreprise) ;
• plusieurs villas et bâtiments commerciaux aux propriétaires non identifiés.
« Qui a été chassé ? Qui a été lésé ? » : retour à la vérité
Le collectif interroge : « Qui peut prétendre avoir été chassé d’un terrain qui ne lui appartenait pas ? Quelle est donc la valeur d’un titre foncier si l’illégalité peut se construire en plein jour ? »
Aujourd’hui, la vérité juridique triomphe.
Les terrains sont restitués à 218 familles, soit près de 1 000 personnes, qui voient leur avenir éclairci après deux années de menaces, de pression et d’insécurité.
Une victoire humaine avant tout
« Plus qu’une victoire juridique, c’est une victoire humaine et sociale. Ces terrains sont notre ancre, notre futur, le socle d’une vie stable pour nos enfants. »
Ce dénouement témoigne d’une résilience collective et d’une confiance retrouvée dans les institutions gabonaises. Le Groupe ARISE, de son côté, réaffirme son engagement envers l’accès au logement décent, preuve que « la loi, lorsqu’elle est appliquée avec courage, reste la plus solide des fondations ».











































