La 59ᵉ édition de la Journée internationale de l’Alphabétisation, placée sous le thème évocateur « Promouvoir l’alphabétisation à l’heure du numérique », a été célébrée ce 8 septembre 2025 à Libreville. L’événement a pris des allures de renaissance avec l’inauguration du Centre d’Alphabétisation d’Akébé-Ville, totalement réhabilité par la Fondation Ma Bannière et livré par la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, en présence des autorités nationales, des représentants de l’UNESCO et de l’OIF.
« C’est avec une profonde émotion que je m’adresse à vous à l’occasion de la réception des travaux de réhabilitation du Centre d’Alphabétisation d’Akébé-Ville », a déclaré la Première dame. Ses propos sonnaient comme une ode à la résilience d’une société décidée à transformer les cicatrices de l’ignorance en portes ouvertes vers la lumière du savoir.
Le bâtiment rénové se présente comme une véritable école de seconde chance : salles modernes, bureaux adaptés, espaces informatiques, blocs sanitaires. Chaque mur repeint, chaque salle équipée devient une métaphore de la réhabilitation d’hommes et de femmes longtemps confinés dans l’ombre du non-savoir. Dans ce sanctuaire de l’apprentissage, les lettres, jadis inaccessibles, se dressent désormais comme des clés ouvrant les portes de l’avenir.
Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État de l’Éducation nationale, a rappelé l’urgence d’intégrer le numérique dans les parcours d’alphabétisation. « L’alphabétisation doit intégrer les compétences numériques de base en termes de défi à relever en urgence dans le sous-secteur alphabétisation et éducation non formelle », a-t-elle souligné, rappelant que l’ère digitale impose de nouvelles aptitudes, allant de la pensée critique à la création de contenus.

Dans ce temple réhabilité, la célébration de l’alphabétisation s’est aussi faite acte de justice sociale. « Cette action est en parfaite harmonie avec le projet de société du Président de la République, dans son volet consacré au développement du capital humain et de la justice sociale », a affirmé Zita Oligui Nguema. Elle a confié s’être sentie « fortement sensible à la détresse d’une frange importante de la population gabonaise composée de 22 % des femmes, de jeunes et d’hommes soumis aux limitations inhérentes à l’analphabétisme ». Ses mots faisaient résonner l’image d’une mère veillant à ce qu’aucun enfant de la nation ne demeure prisonnier des chaînes de l’ignorance.

L’exemple de Mbani, une compatriote d’une cinquantaine d’années qui, grâce à un centre d’alphabétisation, a pu décrocher son Certificat d’études primaires, illustre la puissance de la réhabilitation par le savoir. Son parcours démontre que l’éducation n’est pas une saison réservée à la jeunesse, mais un printemps qui peut refleurir à tout âge.
Ainsi, le Centre d’Akébé-Ville symbolise plus qu’un édifice rénové : il incarne un chemin vers la dignité retrouvée, une passerelle entre le passé de privation et l’avenir d’émancipation. L’alphabétisation, au-delà des chiffres et des discours, se révèle être ce flambeau qui éclaire la voie des exclus et leur permet de renaître au monde des possibles.


























