Les observateurs ayant siégé à la Commission de subvention d’aide à la presse se sont insurgés ce samedi 28 janvier 2023 lors d’une conférence de presse contre le responsable du journal en ligne Peuple Infos qui séquestre, depuis un temps, les autorités du ministère de la Communication pour n’avoir pas été bénéficiaire de la subvention d’aide à la presse pour 2022. Malgré le don de 700 000 FCFA, non mérité pour le calmer, le responsable s’en prend au ministère et par ricochet à tous les observateurs, sur la toile. C’est une tolérance dont les Gabonais ne peuvent nullement être bénéficiaires ailleurs.
Le responsable du journal “Peuple Infos” sait qu’au Cameroun, au Congo, au Sénégal où partout ailleurs, un Gabonais ne peut être bénéficiaire d’une subvention d’aide à la presse octroyée par le contribuable de ces pays-là et séquestrer les autorités du ministère de la Communication alors qu’il n’est pas à jour. Ce serait outrepasser les limites. C’est en substance ce que Stive Roméo Makanga, le Secrétaire général de l’UPPIG, Thierry Mebale Ekouaghe, le président du CPPPL, Franck Mandounkou, le vice-président du RENAJI, Brice Ndoutoume Ndong, le président de l’AIMPD et Romuald Essame Obame, le président du REGAJOUDH, tous observateurs à la Commission d’aide à la presse, ont dit lors de la rencontre de ce samedi.
Dans la même veine, tous ces observateurs ont clairement expliqué que la commission n’est pas l’affaire d’une seule personne.
En effet, la Commission d’aide à la presse est constituée de nombreuses parties, notamment la Haute Autorité de la Communication (HAC), les techniciens de la Direction générale de la Communication, les représentants du cabinet du ministre et au moins 4 représentants des associations de journalistes, avec le titre d’observateurs.
Bien avant le déroulement de la Commission, le cadre est défini lors d’une réunion préalable. Durant cette réunion, le cadre de travail, les facteurs bloquants ou dégressifs sont autant des éléments qui constituent la feuille de route, le bréviaire des séances de travail.
« La commission n’est pas que l’affaire du ministère de la Communication. Pointer du doigt directement la tutelle c’est méconnaître comment les choses fonctionnent. Il y a plusieurs parties qui décident ensemble », ont martelé les représentants de la presse.
Les observateurs de la Communication d’aide à la subvention 2022 ont estimé légitime l’approche du confrère « Peuple Infos’ mais ils sont étonnés de l’attitude du patron du journal.
« Peuple infos a le droit de se plaindre, de chercher à comprendre les raisons pour lesquelles il n’a pas été retenu dans la liste des bénéficiaires. Cependant, nous regrettons la démarche qui a été la sienne.
D’abord, il s’est rendu au ministère de la communication où il a rencontré les autorités, qui lui ont expliqué ce qu’il devait savoir sur son dossier. Mais il n’a pas été satisfait. Puis, la tutelle, comprenant son désarroi et les difficultés auxquelles il serait confronté, en tant que chef d’entreprise, lui a remis à titre d’aide, et non pas en tant que bénéficiaire, la coquette somme de 700 000 francs CFA », ont-ils déclaré.
Un don confondu à un droit
Les observateurs, par ailleurs patrons d’organes de presse, ne comprennent pas la confusion faite par leur confrère entre un droit et un don.
« Quelque temps plus tard, Peuple infos est reparti à nouveau au ministère demander un reliquat, mais il a très vite été objecté. C’est ce refus qui a conduit le responsable du journal à se déverser sur la toile. Nous aurions quand même souhaité que dans ses dénonciations, Peuple infos dise tout ceci, et qu’il n’élude rien parce qu’après, c’est toute sa démarche qui sonne faux », rappellent les observateurs.
Une réaction légitime des observateurs
Les observateurs sont concernés par les récriminations de Peuple Infos. « Certaines personnes peuvent se poser la question de savoir pourquoi nous réagissons. La réponse est toute claire. Nous vous l’avons dit. Les décisions pendant la commission sont collégialement prises. Nous sommes donc tous solidairement responsables. Ayant siégé lors de la dernière édition, le ministère nous a mis au courant des réclamations de certains de nos confrères, des réponses et des aides apportées. Nous sommes donc des voix autorisées », ont déclaré.
Certains journaux n’ont pas eu droit à la subvention cette année mais n’en ont pas fait une affaire personnelle, plus grave ils n’ont pas eu un franc comme “Peuple Infos” qui a été bénéficiaire de 700 000 F CFA. Par ailleurs, quelques patrons des organes siégeant à la Commission ont dans le passé essayé plusieurs fois avant d’être bénéficiaires de la subvention.
Les observateurs ont appelé le patron de Peuple Infos à se ressaisir car un tel bras de fer avec la tutelle ne tournera jamais en sa faveur.











































