Le président sud-africain Cyril Ramaphosa fait face à de sérieux appels à la démission après qu’une enquête parlementaire a révélé qu’il pourrait avoir enfreint les lois anti-corruption du pays liées au vol de millions de dollars dans sa ferme de chasse Phala Phala.
Cette enquête est issue des affirmations de l’ancien chef des services de renseignement, Arthur Fraser, selon lesquelles Cyril Ramaphosa aurait tenté de dissimuler le vol de millions de dollars dans sa ferme en 2020.
M. Ramaphosa devait se présenter au Parlement jeudi et répondre aux questions, mais a préféré reporter sa comparution devant les parlementaires.
Le Dr Dale T. McKinley, un analyste politique indépendant, a déclaré que « les preuves semblent être accablantes » au lieu que toutes les preuves aient été présentées.
» Je pense que c’est vraiment la manière dont il a abordé la question » , a déclaré M. McKinley à propos de Cyril Ramaphosa.
» Cyril Ramaphosa a abordé la question de manière très secrète, sans rien divulguer, ce qui nuira de manière permanente à sa légitimité politique « , a déclaré M. McKinley.
Dans son rapport, le groupe parlementaire a soulevé des questions sur l’origine de l’argent et sur les raisons pour lesquelles il n’a pas été divulgué aux autorités financières, et a évoqué un conflit potentiel entre les intérêts commerciaux et officiels du président.
M. Ramaphosa a nié tout acte répréhensible, insistant sur le fait que l’argent provenait de la vente d’animaux dans sa ferme.
Mais les partis d’opposition et les détracteurs de M. Ramaphosa au sein du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), ont appelé à sa démission.
Le rand sud-africain a chuté dans un contexte d’incertitude.
» Je ne vois pas Cyril Ramaphosa se retirer, sauf s’il est inculpé. S’il est inculpé, il doit le faire. Il doit le faire « , a déclaré M. McKinley.
Les législateurs devraient débattre du rapport mardi, et ils voteront sur l’opportunité de prendre d’autres mesures, notamment de lancer une procédure de destitution.
Les législateurs de l’ANC sont majoritaires au Parlement et pourraient s’opposer aux tentatives de destitution de leur chef Cyril Ramaphosa.
S’il démissionne, Cyril Ramaphosa sera le deuxième président de l’Afrique du Sud poste-apartheid à le faire après Thabo Mbeki qui l’avait fait en septembre 2008, sous la pression de l’aile dirigée par Jacob Zuma. Cette aile avait pris les instances dirigeantes de l’ANC en décembre 2007 ce qui a facilité la sortie de Mbeki.
Cette aile avait accusé Thabo Mbeki, qui avait limogé son vice-président Jacob Zuma, d’être derrière les ennuis judiciaires de ce dernier poursuivi pour corruption.
Dans tous les cas, les radars sont braqués sur le parti au pouvoir qui doit se réunir demain dimanche, avant la décision finale de mardi qui devra statuer sur l’avenir de l’homme fort de Pretoria. C’est peu dire qu’une menace de destitution plane sur le pouvoir de Cyril Ramaphosa.

























