Cinq années se sont écoulées depuis la mystérieuse disparition du jeune Rinaldi Abagha Ngoua, sans que son sort ne soit élucidé. Et pourtant, le procès récemment clos à Oyem marque un tournant judiciaire majeur : son oncle, Lewis Bekui Ebang, et deux complices ont été reconnus coupables d’enlèvement et de séquestration, et condamnés à de lourdes peines. Mais derrière cette justice rendue, demeure une douleur abyssale : celle d’une mère privée de son enfant, et d’un peuple confronté à une tragédie encore inachevée.
Le verdict est sévère : 30 ans de prison cumulés et plus de 20 millions FCFA d’amendes pour les trois accusés. L’un d’entre eux, Rodrigue Allogo Assoumou, a révélé qu’après l’enlèvement, Rinaldi Abagha Ngoua aurait été emmené en Guinée équatoriale et confié à un certain “Alejandro”. Une piste certes troublante, mais qui n’a débouché sur aucune avancée tangible. L’enfant reste introuvable.
Pour sa mère, Ida Maïcha Mete Abagha, aucune sanction ne saurait atténuer la détresse :
« Je ne veux pas d’argent. Je veux retrouver mon enfant. Je veux des réponses« .
Cette affaire met cruellement en lumière les failles dans la chaîne de protection de l’enfance et dans le traitement judiciaire des disparitions. Malgré les aveux, les témoignages, et les condamnations, l’absence de Rinaldi est un appel silencieux à une mobilisation nationale, et internationale, pour renforcer les dispositifs d’alerte, améliorer la coopération entre États et placer les enfants au cœur des priorités judiciaires.
Le peuple gabonais, choqué mais résilient, continue de soutenir la famille dans sa quête de vérité. Au-delà des peines de prison et des amendes, c’est l’humanité, la compassion et la justice pour les plus vulnérables qui doivent triompher.
Le nom de Rinaldi Abagha Ngoua doit rester celui d’une mémoire active : celle qui refuse l’oubli et réclame que justice ne soit pas un point final, mais le début d’une réponse à une douleur collective.


























