André Emmanuel Amvenebe Mevyann qui s’en va auprès du Seigneur Jésus-Christ, est l’époux de maman Clarisse, la petite sœur du Révérend Francis Michel Mbadinga Mbadinga. C’est aussi le grand-frère biologique de plusieurs pasteurs gabonais, dont Michele Carole Obame, Patricia Piebi, Anicet Enzeng Mevyann et Cyrille Ndong.
André Amvenebe est membre fondateur du premier comité national d’intercession, à l’occasion de la campagne d’évangélisation Reinhard Bonnke en 1992. Il a aussi contribué à fonder le département Intercession de l’Alliance Chrétienne du Gabon. Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, il a œuvré au département Intercession de Christ Révélé aux Nations. C’est encore l’un des premiers membres du Rassemblement National des Intercesseurs des prophétesses Lhaur Ngome et Jeanine Nguema. Sur le plan professionnel, André Amvenebe était superviseur de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale dans le Moyen-Ogooué, pendant les années 2010.
1. André Amvenebe a intégré l’Église de l’Alliance Chrétienne au début des années 1980, en provenance de l’Église Évangélique du Gabon (EEG). Il posa ses bagages à la JPC. À la fin des années 1970, l’Église Évangélique du Sud-Gabon (EESG) avait reçu du rectorat de l’Université Omar Bongo, le droit de tenir ses activités de jeunesse sur le campus. Le Révérend Kivy Boudiongo Sylvain autorisa la JEUNESSE POUR CHRIST à y organiser la quasi totalité de son agenda, y compris les cultes dominicaux. La JPC revenait à la paroisse un dimanche sur quatre, pour participer à la sainte cène.
Au début des années 1980 alors que j’étais à l’École du Dimanche, plusieurs silhouettes de JPC Avéa2 me donnaient envie de persévérer dans la foi chrétienne. Parmi elles, une maîtresse d’école appelée Clarisse Mbadinga, très disciplinée et accrochée à sa guitare acoustique. Elle composait des chants. Son fiancé André Amvenebe était beaucoup trop effacé pour attirer mon attention pendant le culte dominical. De toutes façons le séjour des enfants parmi les adultes ne dépassait pas une heure d’horloge. Avant la prédication, l’officiant du jour nous envoyait à l’ÉcoDim.
2. J’ai intégré la JPC en septembre 1992. À l’époque, André Amvenebe était très fréquent derrière le pupitre de l’Église. Ses prédications sur l’état du cœur de l’homme transperçaient mon âme. Samedi 3 octobre 1992, je me suis approché de lui avec une seule demande: « Aide-moi à avoir un cœur selon Dieu ». André Amvenebe m’ouvrit grand la porte de sa maison, et en même temps il m’intégra dans sa réunion d’intercession à l’église. Chaque vendredi, je fréquentais son groupe de prière pendant une heure et demie, en compagnie de son épouse Clarisse Emma Amvenebe, Pierre Célestin Barro Rapotchombo, Annick Barro, Jean Honoré Nziengui, Marie Julie Esther Moussonda et quelques autres. Une ou deux fois par semaine, j’étais chez lui à l’école publique de Louis où son épouse occupait le logement de directrice.
2. À la maison des Amvenebe nous regardions rarement la télévision. Nous étions dans la parole de Dieu. André Amvenebe ne mettait jamais ses opinions personnelles en avant. Il citait les Saintes Écritures, alternant les biographies et les recommandations bibliques. Cette fidélité au Canon renforça la semence que ma grande sœur Marthe Kivy entretenait en moi depuis plusieurs années. Je pris la résolution d’acheter et parcourir un livre chrétien par mois. Au bout de quelques années, ma petite bibliothèque s’étoffa.
Apres chaque visite chez les Amvenebe, je partais m’agenouiller devant Dieu. Semaine après semaine, mois après mois, année après année, mon cœur d’adolescent se détacha du mensonge, de l’hypocrisie, de l’orgueil, de l’arrogance, du mépris, de l’amour de l’argent, et de la fausse amitié. André Amvenebe m’enseigna comment supporter un « vrai frère » qui se comporte comme un « faux ami ». Auparavant j’avais horreur de ça. À chaque fois je devais vérifier mes propres motivations, et surtout les intérêts du Seigneur Jésus-Christ.
3. Dans les années 2000 et 2010, les Amvenebe m’interrogeaient comme des chrétiens désireux d’apprendre auprès d’un homme de Dieu. J’étais surpris. Que pouvais-je donc leur apprendre? Mais Monsieur Amvenebe souriait et revenait à la charge, en toute humilité. Au milieu de nos conversations, cet homme prudent me poussait en-avant sur les questions patriotiques. En septembre 2016, il me prit dans sa voiture et commença à évoquer des faits historiques du Gabon dont on ne parle jamais. À chaque fois il corrigeait le discours erroné des gens et mettait en avant des arguments objectifs. Je l’écoutais avec plaisir et détachement, puisque n’ayant jamais prévu m’exprimer publiquement sur la politique.
Les Amvenebe lisaient mes publications sans se faire signaler, comme le font la plupart des gabonais. Et de temps en temps le mari me demandait en aparté des précisions sur une déclaration que j’aurais faite. Jusqu’à il y a quelques temps.
Libreville, le 25 juillet 2021
Philippe César Boutimba Dietha
Philippe César Boutimba Dietha


























