Le Centre de rééducation Mot à Mot connaît d’énormes difficultés à cause de l’absence de subvention de la part de l’État depuis des années. Les responsables de cette structure se sentent abandonnés malgré la bonne volonté qui a toujours été la leur d’accompagner les enfants en situation de handicap.
Une compatriote, Monique Mozogo a eu l’ingénieuse idée de mettre sur pied le centre de rééducation Mot à Mot après la fermeture définitive d’Horizons nouveaux. Ce centre permet aux nombreux enfants en situation de handicap notamment les trisomiques, les autistes, les déficients auditifs présentant des troubles du langage et des troubles du comportement d’être pris en charge en vue d’une adaptation à la vie normale. Le fonctionnement devait se faire avec la contribution de l’Etat mais aujourd’hui l’Etat a complètement abandonné le Centre.
En créant le Centre Madame Mozogo, la première orthophoniste gabonaise a voulu aider les parents dont les enfants avaient d’énormes difficultés d’adaptation suite à la fermeture définitive d’Horizons Nouveaux. N’ayant pas prévu de telles structures pour prendre en charges les enfants, l’Etat va signer des conventions avec le Centre de rééducation Mot à Mot.
«Au départ, Mot à Mot est une association. On s’était entendu avec la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) d’adapter les tarifs sociaux, que ce soit en rééducation ou en prise en charge éducative et pédagogique. En Europe, une prise en charge d’un enfant handicapé qui demande l’intervention d’un ergothérapeute, d’un psychomotricien, de tous les spécialistes est de 250 euros (164.000 francs CFA) par jour, parce que ce sont des enfants qui ont des troubles de comportement, qui ne sont pas autonomes. C’est-à-dire que dans la vie quotidienne, ils ne savent même pas aller aux toilettes», a indiqué madame Mozogo Monique.
«Il nous manque du personnel», se plaint-elle. Elle poursuivra son propos en disant que «vous avez six ou huit enfants dans une salle, il faut au moins cinq intervenants. Ça peut être des vacataires comme ça peut être des permanents. Nous avons ce problème-là».
En effet, le contenu de ces conventions prévoyaient la formation des éducateurs spécialisés mais aussi de subventionner ce centre pour une meilleure prise en charge des enfants. Malheureusement au cours des années ces promesses n’ont pas été tenues malgré les démarches entreprises par la fondatrice auprès des autorités compétentes.

« Nos enfants sont arrivés à Mot à Mot avec des difficultés comportementales, de parole et de langage. Aujourd’hui, ils parlent et affichent un bon comportement à la maison.
À la fin de l’année, on nous a parlé d’un programme de pédagogie spéciale d’adaptation pour l’intégration scolaire. Actuellement tout est annulé car la prise en charge des enfants handicapés demande des moyens humains et financiers », a déclaré un parent inquiet pour l’avenir de son enfant dont les progrès se faisaient déjà ressentir.
Aujourd’hui, le Centre n’est plus en même de s’occuper de ces enfants normalement faute de moyens. Avec plus d’une centaine d’enfants à son actif depuis 2011, le Centre a réussi à les prendre en charge sous fonds propres.
La fondatrice reconnait l’apport de certaines bonnes volontés comme la Fondation Sylvia Bongo Ondimba qui les a aidés en donnant des jouets adaptés aux enfants du Centre.

Selon les informations recueillies, les parents ne débourseraient que 100. 000 F CFA le mois comme contribution au fonctionnement, des prix fixés de concert avec l’Etat, notamment le ministère en charge de la question celui des Affaires sociales.
L’Etat gabonais a-t-il décidé de sacrifier ses citoyens les plus faibles ou se sont les hommes qui agissent en son nom ? Comment comprendre que l’Etat qui cède une parcelle de ses responsabilités à des particuliers refuse de payer la facture ? Dans tous les cas, la solidarité doit commencer par les plus faibles.












































