Libreville, le 07/10/2026. Le Gabon traverse une crise d’approvisionnement en carburant. La sortie publique du ministre des Mines et des ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, soulève alors une question de méthode politique. Il est aujourd’hui ministre des Mines, après avoir dirigé le département du Pétrole et du Gaz. Les automobilistes font la queue devant les stations-service. L’inquiétude gagne les ménages. Pourtant, un ministre ne parle jamais uniquement en son nom.
Sosthène Nguema Nguema connaît le secteur pétrolier. Il connaît donc ces dossiers. Lorsqu’il dirigeait le ministère du Pétrole et du Gaz, il s’était publiquement exprimé sur plusieurs dossiers sensibles. En novembre 2025, il expliquait encore que le gouvernement avait retenu le maintien de la subvention. Aujourd’hui, il n’est plus chargé du Pétrole. Depuis janvier 2026, il dirige le ministère des Mines et des Ressources géologiques.
Un ministre ne parle jamais seulement pour lui-même
Mais cette évolution institutionnelle ne suffit pas à effacer le principe de solidarité gouvernementale. Cette règle vaut pour tous les ministres. C’est ici que sa communication interroge. Le débat ne devrait pas se réduire à la recherche d’un responsable individuel. En effet, le carburant n’est pas une affaire personnelle entre ministres. C’est une question de mobilité, de prix, d’activité économique et, enfin, de pouvoir d’achat.
Ce qui brûle aujourd’hui dans les stations-service, c’est la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à anticiper. Dans ces circonstances, la solidarité gouvernementale impose une certaine retenue. Un ministre peut apporter des explications. Cependant, le risque est de déplacer le débat vers la recherche de coupables. Le message compte donc. Or, le citoyen n’attend pas une guerre de responsabilités. Il attend du carburant.
Le problème n’est pas Sosthène, mais le message envoyé
Il serait toutefois excessif de transformer cette critique en condamnation personnelle. Sosthène Nguema Nguema peut défendre son bilan et rappeler les mesures prises lorsqu’il était ministre du Pétrole. D’ailleurs, des sources montrent qu’en 2025, son ministère avait travaillé sur la sécurisation de l’approvisionnement. Il avait proposé les capacités de stockage, Marcel Abéké bien avant lui d’ailleurs. Mais le moment, le ton et le cadre de communication comptent autant que le contenu.
En période de crise, toute prise de parole d’un membre du gouvernement doit servir la stratégie globale de l’exécutif. C’est pourquoi les ministres doivent s’appuyer sur des communicants capables d’anticiper les conséquences politiques d’une déclaration. Ils doivent aussi construire un message clair et cohérent avec la ligne gouvernementale. Une phrase mal calibrée peut produire en quelques minutes davantage de dégâts qu’une crise de plusieurs jours.
Le Gabon doit sortir de la logique du « qui est responsable ? »
C’est probablement là que réside le paradoxe. Personne ne semblait avoir demandé à Sosthène Nguema Nguema de répondre de la crise. Dès lors, pourquoi reprendre la parole dans un débat dont il n’était plus responsable ? Son silence aurait peut-être été plus éloquent. Il aurait préservé la cohérence gouvernementale. Car lorsqu’une maison brûle, il faut d’abord éteindre le feu. Ensuite seulement vient le temps de l’enquête.
La crise actuelle appelle évidemment des explications claires. Il faudra examiner les niveaux de stocks, la chaîne d’importation, le raffinage, le stockage et la distribution. Surtout, cette enquête ne doit pas devenir une bataille politique entre anciens et nouveaux responsables. Le carburant appartient à l’économie nationale, pas à un seul ministère. Ainsi, quand chaque mot peut devenir un incendie, le silence maîtrisé vaut parfois mieux.












































