Le Gabon veut tourner définitivement la page des actes de naissance introuvables. Les cartes d’identité impossibles à obtenir et les démarches bloquées faute de documents essentiels pénalisent des citoyens. À Ntoum, du 28 septembre au 8 octobre, des experts se réunissent. Ils représentent la Justice, l’Intérieur, la Santé et l’Économie numérique. Ils préparent les futures Assises nationales de l’État civil.
Cette étape stratégique vise à refonder l’ensemble du système d’identification des citoyens. Ces experts croisent leurs compétences pour définir un cadre commun. Les travaux fixeront les règles avant toute solution informatique. Chaque administration concernée partagera ainsi une même vision. L’objectif reste clair : garantir à chaque Gabonais une identité reconnue et un accès normal aux services publics. Nul ne restera invisible.
Des milliers de Gabonais restent invisibles administrativement
Le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Malcom Djenno Ngomanda, dresse un diagnostic sans appel. Des milliers de Gabonais restent invisibles administrativement. Sans acte de naissance, ils ne peuvent obtenir ni passeport ni carte nationale d’identité. Ils n’accèdent pas à certains services publics. Ils ne peuvent même pas se présenter aux concours de l’État. Cette situation fragilise durablement la citoyenneté.
Cette forme d’exclusion silencieuse limite les opportunités des citoyens. Un enfant sans acte de naissance grandit sans reconnaissance officielle. Un adulte sans papiers renonce souvent à des démarches essentielles. Les démarches les plus simples deviennent alors un parcours difficile. L’État veut corriger ces blocages. Il souhaite restaurer la confiance entre les citoyens et l’administration, et faciliter enfin chaque démarche quotidienne.
Gabon Digital : trois outils pour bâtir un état civil fiable
Le gouvernement s’appuie sur le programme Gabon Digital, que finance la Banque mondiale. Ce programme prévoit trois outils structurants. D’abord, un registre biométrique national recensera la population de manière sécurisée. Ensuite, une carte d’identité digitale simplifiera les démarches. Elle renforcera la fiabilité des données. Enfin, un Centre national de sécurisation des actes centralisera, protégera et authentifiera les documents d’état civil.
Marlyse Madiba, coordinatrice du programme, décrit la méthode. « On doit d’abord décider des nouvelles règles, ensuite on va créer les plateformes informatiques pour les appliquer. » La modernisation technique exige donc un cadre juridique solide et cohérent. Toutes les administrations concernées doivent le partager. Si l’État mène cette réforme jusqu’au bout, elle transformera durablement la relation entre les citoyens et l’administration.












































