Pendant 45 minutes, nos jeunes ont tenu grâce à un bloc bas discipliné, presque héroïque. Ils ont encaissé un seul but et tenté quelques contres timides, sans jamais paniquer. Puis la seconde période est arrivée, comme une sentence. Cinq buts en 45 minutes. Ce n’était pas un accident : c’était un effondrement physique total. Les organismes ont lâché dès l’heure de jeu, épuisés par l’effort.
Un écart de modèle entre le Maroc et le Gabon
Les jeunes gabonais n’ont pas su répondre au pressing marocain, constant, méthodique, presque chirurgical. Le contraste était saisissant. D’un côté, des adolescents préparés comme des professionnels. De l’autre, des jeunes abandonnés à eux‑mêmes dans un système qui confond formation et bricolage. Cette différence de préparation a pesé sur le dénouement. Ce match a donc exposé un écart de niveau, mais aussi un écart de modèle.
Le Maroc aligne une génération qui s’entraîne ensemble depuis deux ans dans des infrastructures dignes des meilleures académies européennes. Ce n’est pas le fruit du hasard. En 2009, le souverain chérifien lance l’Académie Mohammed VI pour faire du football un outil de rayonnement international. Ce modèle porte ses fruits depuis longtemps. Résultat : En‑Nesyri, Ounahi, Aguerd… et une armée de jeunes formés comme au PSG.
Gabon : le 6–0 est un diagnostic
Pendant ce temps, au Gabon, on s’entraîne à Sibang ou au stade Dialogue. Les pelouses y feraient fuir un troupeau de zébus. Aucun centre de formation digne de ce nom n’existe encore. Les clubs de D1 n’ont pas de catégories jeunes. Pour couronner le tout, les Marocains alignent des joueurs du Barça, du Real, de Chelsea et du PSG. Nous, des gamins courageux… mais abandonnés.
Le 6–0 n’est pas une humiliation : c’est un diagnostic. Le Gabon n’a pas perdu contre le Maroc, mais contre une machine structurée, financée, pensée des U17. Ce score doit servir de leçon à tout le football gabonais, sans exception. Il est temps que nos autorités sportives parlent d’une même voix. Elles doivent lancer sans délai une vraie politique de formation durable. Sinon, d’autres 6–0 nous attendent.











































