À une vingtaine de kilomètres de Tchibanga, dans la Nyanga, un chantier industriel change le paysage de Doussiegoussou. L’usine de transformation de marbre y dessine déjà les contours d’un futur pôle industriel régional grâce aux instructions du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema. Sur place, blocs de marbre, charpentes métalliques et machines de découpe cohabitent harmonieusement. D’autres espaces attendent encore les prochaines étapes du processus. À terme, ce site pourrait rayonner au-delà du Gabon, vers les pays voisins.
Le Conseil des ministres du 23 juillet 2024 avait annoncé ce projet. Deux ans plus tard, il prend progressivement forme. L’objectif consiste à transformer localement les ressources naturelles, créer des emplois et consolider le tissu industriel national. Portée par l’entreprise Marmion Minerals, l’initiative dépasse largement le cadre d’une simple unité de production. En effet, la base vie des travailleurs et les bureaux administratifs sortent déjà de terre.
Une chaîne de production pensée étape par étape
Une infirmerie, des espaces de stockage et d’autres installations compléteront le complexe. À l’intérieur de l’usine, encore en construction, chaque zone correspond à une phase précise de la production. D’un côté se trouvent les équipements destinés à la découpe du marbre. Plus loin, des bras mécanisés déplaceront les lourds blocs tout au long du processus. Une autre partie du site accueillera le polissage et la finition des produits.
« Nous avons déjà les machines de découpe », confirme d’emblée Malick Ontala, responsable du site. Selon lui, des bras mécanisés transporteront ensuite le marbre vers chaque étape de transformation. Sur une table, quelques pièces artisanales donnent un aperçu du résultat final attendu. Elles révèlent déjà la substance et la qualité du matériau extrait à Doussiegoussou. De plus, la découpe industrielle reposera sur des outils diamantés de haute précision.
Eau recyclée, zéro déchet et 500 emplois attendus
L’eau jouera également un rôle central dans la chaîne de production. Elle assurera le refroidissement, le lavage et la découpe du marbre. Des bassins de décantation la récupéreront ensuite pour la réinjecter dans le circuit. Autre atout du site : la volonté de limiter les pertes. « Dans le marbre, il n’y a pratiquement pas de déchets », affirme Malick Ontala. Même la poussière pourra servir, notamment mélangée avec du ciment.
Cependant, l’emploi demeure l’enjeu majeur du projet. Une quarantaine de Gabonais, hommes et femmes, travaillent déjà sur cette première phase. Ils encouragent d’ailleurs leurs compatriotes à surveiller les prochaines offres d’emploi. À terme, l’usine annonce 500 postes de travail. Opérateurs, techniciens, agents de maintenance, manutentionnaires, logisticiens et personnels administratifs pourront postuler. Une phase de test pourrait intervenir en décembre 2026, avant une production industrielle envisagée en 2027.
Le marbre gabonais, futur levier de développement
Au-delà du chantier, Doussiegoussou incarne une ambition économique et sociale du président de la République, Brice Oligui Nguema . Le projet veut créer de la valeur dans la Nyanga et développer les compétences locales. Ainsi, le marbre gabonais pourrait passer du bloc brut au produit fini. Il deviendrait alors un véritable levier de développement.












































