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À Nguenda, dans le département de la Douigny, l’enclavement n’est plus seulement une réalité géographique. C’est une fracture sociale, économique et humaine qui s’est creusée au fil des années. Ici, l’état des voies de communication a façonné le quotidien. Il a limité les déplacements, freiné les activités et lentement vidé le village de ses forces vives. Ce qui n’était qu’un problème de routes impraticables est devenu un symbole de marginalisation territoriale. C’est un cri silencieux que les autorités ne peuvent plus ignorer désormais. Les habitants racontent une histoire simple et douloureuse.
Des routes qui isolent, un village qui s’éteint
Celle d’un village qui se bat pour rester vivant aujourd’hui. Les routes dégradées, les passages difficiles, les ponts affaiblis ont bien isolé Nguenda du reste du canton. Chaque déplacement s’est ainsi transformé en véritable épreuve quotidienne. Les services essentiels se sont éloignés, les opportunités aussi. Et lorsque les routes se ferment durablement, les familles finissent par partir. Le recul démographique n’est plus une simple hypothèse.
C’est une réalité visible, presque palpable, désormais partout à Nguenda. Ce phénomène n’est cependant pas isolé dans ce canton du pays. Dans plusieurs localités voisines, les mêmes obstacles ont ainsi produit les mêmes effets récurrents. Isolement, ralentissement économique, sentiment d’abandon se répètent donc ainsi partout. Mais à Nguenda, cette spirale a pris une dimension particulière. Le village, autrefois dynamique, voit aujourd’hui ses activités s’essouffler durablement.
Un phénomène qui dépasse Nguenda
Les jeunes, faute de perspectives, migrent vers des zones plus accessibles. Les anciens, eux, restent, mais avec l’impression d’habiter un territoire oublié. L’État semble ainsi avoir oublié Nguenda sur la carte nationale. Pourtant, l’enclavement n’est pas une fatalité pour ce village. Il résulte plutôt de choix, de priorités, de décisions que les autorités peuvent encore corriger. Les populations de Nguenda ne demandent pas des miracles.
Elles réclament simplement des routes praticables, des ouvrages sécurisés, une attention réelle. Elles demandent que leur village cesse d’être un point aveugle sur la carte nationale. La politique d’aménagement du territoire les a en effet longtemps ignorées. Il est temps que les autorités entendent enfin ce message clair. Car laisser Nguenda s’effacer, c’est accepter que des pans entiers du pays se délitent dans le silence.
Et un pays qui abandonne ses villages abandonne ainsi une partie de lui-même.












































