Une députée camerounaise, Nourane Foster, a été agressée verbalement et physiquement par un policier ce mardi 20 juillet 2021 à Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest Cameroun.
C’est du jamais vu en Afrique centrale voire ailleurs. Dans une vidéo faisant le tour de la toile camerounaise ce jour, la députée du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), Nourane Foster, est agressée verbalement et physiquement par un policier camerounais à Bafoussam.
Ainsi, le péché de la députée est d’avoir voulu forcer le passage bloqué à cause d’une activité du gouverneur de cette région à l’occasion de la fête de la tabaski. La dame qui a décliné son identité a été traitée comme une malpropre par le policier d’un zèle amer et d’une impolitesse déconcertante. « Madame! Méfiez-vous hein ! N’importe quoi ! Députée de mes couilles ! », déclare l’homme en tenue dans la vidéo à la députée.

Condamnations et indignations diverses
« Monsieur le DGSN, vous avez toujours fait montre de fermeté face à certaines dérives. Celles de ce jour vous interpelle à nouveau », a publié le sociologue Jonathan Batenguene. Il a dans la foulée interpellé le Délégué général à la sureté nationale (Dgsn) en rappelant l’immunité parlementaire dont bénéficie la députée.
Par ailleurs, il a poursuivi son propos. « L’immunité parlementaire implique l’inviolabilité de la personne du député. Arrêtez de raisonner comme au quartier. C’est au nom de l’inviolabilité de la personne qui jouit d’une immunité que chefs d’État et diplomates ne peuvent être violentés sous aucun prétexte. Je suis Républicain et nous devons respecter, tous, les institutions. La loi organique est une institution qui garantit l’ordre et le vivre ensemble », a conclu Jonathan Batenguene.
Me Christian Ntimbane Bomo, acteur de la société civile, c’est un problème général chez les détenteurs du pouvoir. « C’est la mentalité générale des détenteurs d’une parcelle de puissance publique au Cameroun. Ce qu’ils appellent autorité de l’Etat, c’est la torture et la violence sur des citoyens, là où ce mot veut dire ailleurs respect de l’Etat de droit. Ils sont en marge de la modernité managériale qui promeut une certaine façon de faire empreinte de considération face aux usagers », a indiqué Me Christian Ntimbane Bomo.


























