Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema durcit le ton envers deux opérateurs de télécommunications, Airtel et Canal+. Lors d’une visite de chantiers réalisée le 10 septembre 2026, il exige des constructions immédiates, sous peine de sanctions sévères et irréversibles.
Le chef de l’État gabonais a haussé le ton face à deux géants des télécommunications. Lors d’une tournée de chantiers, il a sommé Airtel et Canal+ de lancer sans délai la construction de leur siège social. Faute de résultats concrets, les terrains concédés par l’État pourraient leur être retirés. Le président a également évoqué, sans détour, la possibilité d’un départ pur et simple du pays. Il a interpellé directement les représentants présents ce jour-là, exigeant des preuves tangibles de démarrage, plutôt que de simples maquettes déjà présentées lors des réunions officielles.
Cette fermeté s’inscrit dans une ligne déjà adoptée par le président sur d’autres dossiers similaires. Airtel, installé au Gabon depuis vingt-six ans selon les échanges rapportés, a particulièrement été visé par les critiques présidentielles. Le chef de l’État a dénoncé l’absence d’un siège propre d’Airtel Gabon, alors que l’opérateur continue de louer des locaux. Pire encore, ces locations se feraient justement auprès de bailleurs jugés hostiles aux autorités gabonaises actuelles. Le président a aussi mentionné des dettes importantes évaluées à environ 20 milliards de francs CFA, dues par la société à divers créanciers locaux.
Airtel et Canal+ sommés d’agir sans délai
Au-delà des dettes accumulées, Oligui Nguema a questionné les profits générés par Airtel sur le territoire gabonais. Selon ses propos, l’opérateur tirerait d’importants bénéfices du marché local, sans réelle contrepartie en investissement structurant durable au Gabon. Cette absence apparente d’engagement matériel alimente désormais un climat de méfiance croissante entre l’État et l’entreprise concernée. Le président souhaite donc voir des actes concrets, et non plus seulement des promesses répétées lors des rencontres officielles habituelles avec Airtel Gabon. Ainsi, la pression exercée vise clairement à accélérer la concrétisation des projets annoncés depuis plusieurs années par cette filiale locale.
Canal+ n’a pas non plus échappé à cet avertissement présidentiel particulièrement ferme et direct. Le chef de l’État a exigé exactement le même passage des maquettes aux chantiers réellement effectifs. Pour appuyer son propos, il a rappelé la fermeture temporaire de Canal au Burkina Faso, suivie ensuite d’une renégociation complète. Cet exemple régional précis a servi d’argument de pression supplémentaire envers l’opérateur audiovisuel présent au Gabon actuellement. Une suspension totale des activités locales n’est donc pas totalement exclue si les engagements pris ne sont finalement pas respectés dans les délais impartis.
Une gouvernance par la pression, entre fermeté et zone grise juridique
Cette sortie médiatique, souvent particulièrement spectaculaire, illustre une méthode de gouvernance bien singulière et affirmée. Le président privilégie ouvertement l’interpellation publique et la menace directe comme véritables leviers d’action politique. Cette approche vise surtout à pousser fermement les investisseurs étrangers à honorer pleinement leurs engagements initiaux. Toutefois, elle soulève également plusieurs interrogations légitimes sur le cadre juridique réellement applicable à ces opérateurs internationaux. Les conventions d’établissement, les contentieux commerciaux et les litiges fonciers pourraient rapidement compliquer l’application concrète de telles annonces présidentielles, formulées en marge de tout cadre contractuel officiellement validé et publié.
Le sort exact réservé aux terrains ainsi concédés demeure, pour l’instant, encore particulièrement incertain. De même, la nature précise des sanctions réellement évoquées reste floue : fermeture définitive, expulsion immédiate ou simple réattribution administrative future. Ces questions particulièrement importantes devraient trouver des réponses plus claires dans les prochaines semaines à venir. Tout dépendra surtout de la réaction concrète des opérateurs Airtel Gabon et Canal + face à cet ultimatum présidentiel inattendu. S’ils engagent réellement et rapidement les travaux publics annoncés, la crise actuelle pourrait alors rapidement se résorber sans conséquence majeure pour leurs activités locales respectives.












































