Oyem, 10 septembre 2026. À Oyem, l’accès à la justice pose question. Pour certains usagers, la journée commencerait bien avant l’ouverture des bureaux. Solliciter un jugement supplétif exigerait une présence dès 1 heure du matin. Cette attente précède de loin le lever du soleil.
Selon des informations recueillies sur place, cette contrainte tiendrait à une capacité de traitement limitée. Seulement dix dossiers seraient étudiés par séance. Deux séances se tiendraient chaque semaine, les lundis et les mercredis. Les demandeurs devraient donc arriver plusieurs heures à l’avance. Cette démarche administrative ordinaire se transformerait alors en véritable épreuve d’endurance pour de nombreuses familles.
Une file d’attente qui interroge le service public
Le problème ne se limite pas à une longue file d’attente. Il révèle une réalité bien plus profonde encore. La capacité de traitement du tribunal semble disproportionnée face aux besoins réels de la population locale. Le jugement supplétif conditionne pourtant l’accès à d’autres droits essentiels. D’autres démarches administratives en dépendent directement pour de nombreux citoyens de la région, chaque semaine.
Passer une nuit entière devant un tribunal interroge les usagers. Cette attente vise seulement à faire enregistrer un dossier. La question de l’accessibilité du service public devient alors difficile à éviter. Derrière les dix dossiers annoncés, des dizaines de citoyens repartiraient sans solution concrète. Les deux séances hebdomadaires accumulent aussi les demandes non traitées et prolongent les délais chaque mois.
Dix dossiers par séance : une capacité qui questionne
Pourquoi seulement dix dossiers par séance ? Cette limite tient-elle aux effectifs disponibles ? Découle-t-elle de l’organisation des audiences ou du volume des dossiers ? Les moyens matériels du tribunal jouent-ils aussi un rôle dans cette contrainte ? Cette question mérite un débat public sans accuser directement les magistrats. Le personnel judiciaire reste déjà fortement mobilisé chaque jour, malgré tout.
Une administration judiciaire ne s’évalue pas qu’à la bonne volonté du personnel. Elle doit disposer des moyens pour absorber la demande adressée. La rareté du service crée une compétition entre usagers. La file d’attente devient alors une sélection informelle. Les premiers arrivés obtiennent plus de chances. Être « premier » signifie parfois arriver au tribunal à 1 heure du matin.
Une situation qui appelle des réponses claires
Si ces informations se confirmaient, les populations du Woleu-Ntem attendraient des explications précises. Les autorités compétentes devraient rapidement clarifier le fonctionnement de ce dispositif. Des mesures concrètes devraient aussi fluidifier le traitement des demandes. La justice ne se mesure pas qu’à ses décisions finales. Elle se mesure aussi à la possibilité, pour chaque citoyen, d’y accéder dans des conditions raisonnables.
À Oyem, la question n’est pas de savoir combien de personnes entrent dans une file. Elle consiste à comprendre pourquoi cette file commence en pleine nuit. Un proverbe de Lambaréné le rappelle. « Lorsque le fleuve devient difficile à traverser, il faut regarder l’état de la pirogue. » Cette sagesse invite à examiner les fondations, avant de blâmer les usagers.












































