Libreville, le 25 août 2026- Eddy Narcisse Minang vient de connaître un sort judiciaire sévère. L’ancien procureur général, figure du procès Bongo, a été radié de la magistrature. Cette information provient d’une source proche du ministère de la Justice. Elle a été confirmée à Gabonactu.com ce mardi.
Le magistrat figurait parmi une dizaine de personnes convoquées. Le conseil de discipline les attendait ce mardi. Toutefois, plusieurs sources affirment son absence totale. Ainsi, il aurait été sanctionné sans être entendu. Cette procédure soulève déjà des interrogations sur le respect du contradictoire.
D’ailleurs, cette radiation ne surgit pas de nulle part. Le 9 juin 2026, le ministre de la Justice l’avait suspendu. Deux dossiers pesaient alors sur lui. D’une part, des accusations de malversations dans une affaire impliquant un homme d’affaires chinois. D’autre part, des soupçons d’interférences judiciaires. Cette seconde affaire concerne les bons de caisse du ministère de l’Éducation nationale.
Un parcours académique et judiciaire remarqué
Par ailleurs, Eddy Narcisse Minang possède un profil singulier. Magistrat hors hiérarchie, il détient un doctorat en droit. Il l’a obtenu à l’université Paris-Panthéon-Assas. Sa thèse portait sur les crimes rituels au Gabon.
Sa carrière l’a mené du tribunal de Franceville à celui de Libreville. Il y occupait le poste de procureur général près la Cour d’appel. Ce poste, il l’exerçait avant sa suspension en juin dernier.
Le visage implacable du procès Bongo
C’est pourtant le procès Sylvia et Noureddin Bongo qui l’a rendu célèbre. Cette affaire fleuve fut retransmise en direct à la télévision nationale. Minang y a porté l’accusation avec une rigueur remarquée. Théâtral, intraitable, il s’est imposé comme le visage du ministère public.
Dans ses réquisitoires, Eddy Minang avait demandé vingt ans de réclusion criminelle. Il visait un détournement massif de fonds publics. Finalement, cette peine a été prononcée par contumace contre le duo mère-fils.
Une notoriété source de controverses
Cependant, cette exposition médiatique lui a valu autant de soutiens que d’hostilités. En février 2026, les avocats de Sylvia et Noureddin Bongo sont passés à l’offensive. Ils ont saisi les autorités académiques françaises. Leur objectif : contester la légitimité de son doctorat. Ils ont dénoncé publiquement une « parodie de justice ».
En outre, plusieurs rumeurs d’interpellation ont circulé à son sujet. Néanmoins, la justice gabonaise les a systématiquement démenties. Ces épisodes témoignent d’un climat tendu autour de sa personne.
Un recours gracieux resté sans issue connue
Face à sa suspension, Minang n’est pas resté silencieux. Il a saisi le ministre d’un recours gracieux. Sa demande visait l’annulation pure et simple de la mesure. Par la voix de ses proches, il a rejeté toutes les accusations. Ces derniers évoquent une manœuvre politique liée au procès Bongo.
À ce jour, l’issue de la procédure disciplinaire reste inconnue. Aucune annonce officielle n’a confirmé les modalités précises de sa radiation. Ainsi, plusieurs zones d’ombre persistent autour de ce dossier sensible.
Une affaire aux ramifications politiques
Enfin, ce dossier dépasse largement le cadre disciplinaire classique. Il interroge les rapports entre justice et pouvoir au Gabon. La chute de cet ancien procureur intervient dans un contexte particulier. Le pays traverse une période de recomposition institutionnelle depuis 2023.
Par conséquent, cette radiation pourrait alimenter de nouveaux débats. Certains y verront une sanction légitime face à des malversations avérées. D’autres dénonceront un règlement de comptes politique déguisé. Dans tous les cas, l’affaire Minang symbolise les tensions persistantes au sein de l’appareil judiciaire gabonais.









































