Un climat d’opacité entoure la Société d’incubation numérique du Gabon. Dix ans après sa création via le projet eGabon, la structure traverse une crise silencieuse rapporte GabonReview. La Banque mondiale avait financé ce programme dès l’origine. Pourtant, la direction n’a diffusé aucune communication officielle. Plusieurs signaux inquiètent désormais observateurs et jeunes entrepreneurs. Les acteurs du numérique gabonais surveillent la situation avec une attention croissante.
Le conseil d’administration aurait démis Yannick Ebibie Nze de ses fonctions. Les administrateurs auraient tranché lors d’une session tenue sur deux jours. Fait troublant, l’intéressé séjournait alors en France, à titre personnel. Aucun communiqué n’a confirmé officiellement ce départ soudain. Cyrille Ndong assurerait désormais l’intérim à la direction générale. Il occupe déjà le poste de directeur général adjoint de la SPIN. Or, la SPIN détient 30 % du capital de la SING SA. Ce cumul de fonctions interroge sur la gouvernance actuelle. Par ailleurs, personne n’a communiqué de calendrier pour un successeur définitif.
Des chiffres économiques qui interrogent le silence
Depuis 2018, la SING SA revendique l’accompagnement de 314 startups. Environ 75 % d’entre elles figureraient parmi les plus marquantes du pays. La structure aurait mobilisé près de 550 millions de FCFA pour les entrepreneurs. Le taux de survie post-incubation atteindrait 68 % après deux à trois ans. Ces performances économiques rendent le silence actuel plus surprenant encore. Si la fusion avec le CGI se confirme, que deviendront ces financements ? L’État n’a rendu publique aucune projection budgétaire. Cette absence de chiffrage prive partenaires et bailleurs d’une visibilité essentielle. Ce montant représente huit années d’accompagnement continu des jeunes pousses locales.
Des locaux vidés sans explication
Le personnel aurait évacué le siège du centre-ville de Libreville. Personne n’a communiqué de nouvelle adresse depuis environ une semaine. Cette absence de transparence alimente les spéculations sur le devenir réel des actifs. Des employés auraient potentiellement transféré le mobilier vers le Centre gabonais de l’innovation, à Batterie 4. Cependant, rien ne permet de confirmer officiellement cette hypothèse. Ainsi, salariés et partenaires semblent ignorer les intentions réelles de l’État actionnaire.
Une fusion annoncée à mots couverts
Le ministère de l’Économie numérique étudierait un scénario de fusion avec le CGI. Toutefois, aucun document officiel n’a confirmé cette orientation stratégique. Cette rationalisation pourrait pourtant fragiliser des dizaines d’emplois directs et indirects. Les startups accompagnées ignorent également si leurs contrats se poursuivront normalement. De plus, les investisseurs impliqués dans SING Capital n’ont reçu aucune clarification écrite. Ce manque d’information tranche avec la communication habituellement soignée des structures publiques gabonaises. Certains partenaires redoutent une rupture dans le financement des projets en cours.
Un impact économique difficile à évaluer
L’absence de transparence complique l’évaluation réelle de l’impact économique global. Le projet eGabon visait pourtant à structurer durablement l’écosystème numérique national. Une disparition brutale de la SING SA pourrait fragiliser la confiance des bailleurs internationaux. Elle risquerait également de freiner de futurs financements destinés à l’innovation locale. Enfin, elle pourrait décourager de jeunes entrepreneurs déjà engagés dans des programmes d’incubation active. Les bailleurs internationaux surveillent également l’évolution de ce dossier sensible. L’État communiquera-t-il bientôt sur cette réorganisation majeure et ses véritables enjeux ? Comme le dit un proverbe de Lambaréné, l’arbre qui tombe sans bruit inquiète plus que celui qui crie.
Source GabonReview











































