Au Gabon, le statut des artistes ressemble de plus en plus à un sport extrême. Entre l’absence de droits d’auteur, un écosystème culturel fragile et une reconnaissance nationale qui tarde à venir, les artistes avancent avec courage. Ils font aussi preuve d’humour et d’une remarquable résilience.
Le premier drame concerne évidemment les droits d’auteur. Dans ce pays, les chansons deviennent virales et les peintures décorent les bureaux. Par ailleurs, les comédiens font rire même les plus grincheux. Pourtant, les artistes ne touchent presque rien. Leurs œuvres circulent librement, parfois même trop librement. Tout se passe comme si la créativité restait un bien public gratuit. En conséquence, des talents brillent, mais leurs poches restent désespérément vides.
Un écosystème artistique bâti sans plan
À cela s’ajoute un écosystème artistique qui ressemble à une maison construite sans plan. Ce secteur manque de structures solides et de salles adaptées. De plus, les circuits de distribution restent inexistants. Les festivals se déroulent de façon irrégulière, et l’industrie culturelle avance au ralenti. Ainsi, les artistes deviennent des entrepreneurs malgré eux. Ils produisent, financent et communiquent seuls. Parfois, ils se transforment même en leurs propres managers, chauffeurs et attachés de presse.
Une reconnaissance nationale qui joue à cache-cache
La reconnaissance, elle, joue toujours à cache-cache. Les artistes gabonais font rayonner leur pays et exportent leurs œuvres à l’international. Cependant, chez eux, ils peinent encore à obtenir un vrai respect institutionnel. On les applaudit sur scène, mais on les oublie dans les politiques publiques. On célèbre leur talent, mais on tarde à leur offrir un cadre professionnel digne de ce nom.
Une créativité abondante, une organisation absente
Pourtant, le Gabon regorge de créateurs exceptionnels. Chanteurs, slameurs, peintres, danseurs, stylistes et comédiens portent une richesse culturelle immense. En réalité, ce qui manque, ce n’est pas la créativité. C’est l’organisation. Le pays a besoin d’une vraie stratégie culturelle, moderne et ambitieuse. Cette stratégie pourrait transformer la passion en économie, le talent en carrière, et la culture en moteur national.
Il est temps d’agir pour la culture gabonaise
Désormais, les autorités doivent cesser de considérer la culture comme un simple décor. Elles doivent enfin la reconnaître comme un secteur stratégique. Il devient urgent de soutenir les artistes, de structurer les filières, de moderniser les droits d’auteur et de financer la création. En effet, un pays qui néglige ses artistes se prive de son âme, de son identité et de son avenir.











































