À Mbelenaletembe, petite bourgade paisible à 32 kilomètres de Lebamba, on croyait avoir échappé aux éléphants dévoreurs de manioc. On pensait aussi avoir échappé aux buffles imprévisibles et aux phacochères en balade. Pourtant, ici, le conflit homme-faune a pris une tournure inattendue. Les habitants, majoritairement des hommes du troisième âge, affrontent désormais un ennemi redoutable et parfaitement organisé. Ce sont les moutons en divagation, comme le rapportent nos confrères de Malébé FM.
Dans ce village, la sagesse se mesure au nombre de cheveux blancs. On aménage les champs près des maisons pour éviter les longues marches. Cette stratégie paraît logique et efficace à première vue. Elle s’avère cependant totalement inutile face à des moutons expérimentés. Chaque matin, en effet, les anciens découvrent leurs plantations transformées en buffets à volonté. Ces quadrupèdes dégustent soigneusement les récoltes, sans connaître ni clôture ni propriété privée.
Une liberté mal interprétée
Les villageois rappellent pourtant une règle simple. On garde toujours un mouton dans un enclos. Certains propriétaires, souvent des fonctionnaires en poste à Lebamba, pensent autrement. Ils préfèrent en effet laisser leurs bêtes vivre librement. Résultat : le manioc est rasé, les bananiers sont mutilés, les patates douces disparaissent. Par conséquent, des retraités doivent désormais jouer les vigiles agricoles malgré leurs rhumatismes.
La colère des anciens grandit
La colère monte, tout comme l’incompréhension. Comment protéger des cultures qui représentent l’unique source de subsistance ? Les moutons, eux, semblent avoir élu domicile dans les champs. De ce fait, les plaintes se multiplient chaque jour davantage. Les propriétaires, quant à eux, restent silencieux face à la situation. Les anciens envisagent désormais des solutions radicales. Certains songent par exemple à installer des panneaux « Accès interdit aux moutons ». Toutefois, personne ne sait lire ce langage-là.
Les autorités appelées à intervenir
Face à l’ampleur du problème, les habitants ont saisi les autorités compétentes. Le préfet de la Louetsi-Wano, Éloge Parfait Mombo Moukaga, intervient désormais dans ce dossier. Le président du Conseil départemental, Jean-Claude Mitsiembou, doit également jouer les arbitres. Leur mission consiste à restaurer la paix sociale du village. Ils doivent aussi protéger les agriculteurs et responsabiliser les éleveurs. En effet, la liberté des moutons s’arrête là où commence le champ d’autrui.
Ainsi, à Mbelenaletembe, l’enjeu dépasse largement les tubercules dévorés. Il s’agit avant tout de préserver l’harmonie d’un village paisible. Les anciens aspirent simplement à cultiver en paix. Ils ne souhaitent plus, en réalité, négocier chaque jour avec des moutons trop enthousiastes.











































