Le Pastef vacille à trois jours d’une échéance capitale. Plusieurs cadres du parti au pouvoir viennent d’annoncer leur départ. Ainsi, ils rejoignent le camp du président Bassirou Diomaye Faye. Ce ralliement survient avant un rendez-vous majeur, samedi 25 juillet. Ce jour-là, le chef de l’État doit dévoiler le nom de sa nouvelle formation. Par conséquent, cette échéance cristallise déjà tous les regards à Dakar. Concrètement, un signal politique fort, à quelques mois d’échéances majeures pour le pays.
En effet, le divorce entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko fragilise les Patriotes africains du Sénégal. Ce 22 juillet, plusieurs figures du parti ont officialisé leur départ. Parmi elles figure le docteur El Hadji Mansour Diop, directeur général de l’hôpital Aristide Le Dantec. Dans une lettre ouverte, il dénonce une gestion clanique de l’entourage d’Ousmane Sonko.
La jeunesse du Pastef se fissure
Par ailleurs, des responsables de la Jeunesse patriote sénégalaise claquent aussi la porte. Bakary Bass Sakho en fait partie. De même, Ousmane Sonko Jr, homonyme du leader du parti, quitte son poste de vice-coordonnateur national. Toutefois, tous les cadres proches du pouvoir ne franchissent pas ce cap. Lansana Gagny Sakho illustre ce cas de figure. Cadre du Pastef, il préside le conseil d’administration de l’Apix, l’agence chargée de la promotion des investissements au Sénégal. Or, il affiche son soutien au président sans démissionner du parti. Ainsi, ce geste illustre un malaise plus large au sein de la formation. En outre, cette structure jeunesse constitue traditionnellement un vivier de mobilisation électorale pour le parti. Ces défections successives interrogent désormais la solidité de l’appareil militant du Pastef.
Une recomposition politique qui s’accélère
Or, ces démissions traduisent une recomposition politique en marche. Depuis le limogeage de Sonko, le président a entamé la création de sa propre formation. Ainsi, une assemblée générale constitutive se tient ce 25 juillet au King Fahd Palace, à Dakar. Bassirou Diomaye Faye y prendra personnellement la présidence du nouveau parti. Son nom officiel y sera également révélé. Par conséquent, l’événement marque une étape décisive dans la rupture consommée avec son ancien mentor. Concrètement, cette formation vise à structurer la base présidentielle indépendamment du Pastef historique. De son côté, le Pastef minimise ces départs. Néanmoins, le parti poursuit une campagne d’adhésion massive dans les régions. L’objectif affiché reste le million de membres. Ainsi, les deux camps semblent engagés dans une course parallèle au soutien populaire. L’annonce du nom du parti est très attendue par les observateurs de la scène politique sénégalaise.
Une rupture nourrie par des mois de tensions
Enfin, cette crise trouve son origine dans un conflit prolongé entre les deux hommes. Le président avait limogé Ousmane Sonko de la Primature le 22 mai dernier. Cependant, ce dernier avait rapidement rebondi. Dès le 26 mai, il se faisait élire à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette institution reste largement dominée par le Pastef. Ainsi, malgré cette élection, la fracture entre les deux camps n’a cessé de s’élargir. Cette rivalité, longtemps perçue comme une alliance solide, s’est progressivement transformée en rupture ouverte. Le président de l’Assemblée nationale conserve toutefois une influence institutionnelle non négligeable.
Aujourd’hui, les départs de cadres illustrent une fragilisation visible du parti fondateur. Dès lors, la naissance d’une nouvelle formation présidentielle pourrait redessiner durablement le paysage politique sénégalais. Reste à savoir combien de figures du Pastef choisiront de suivre ce mouvement. Dans les prochains jours, ce ralliement politique vers le camp présidentiel pourrait encore s’amplifier davantage.












































