Libreville, le 13 juillet 2026.- La loi n°023/2025 date du 7 octobre 2025. Près de neuf mois après sa promulgation, le climat se tend. En effet, cette loi porte statut particulier des greffiers. Toutefois, faute de textes réglementaires, la réforme demeure inopérante. Ainsi, le mécontentement grandit au sein d’une corporation essentielle à la justice gabonaise. Par ailleurs, à l’approche de la rentrée judiciaire, un mouvement d’humeur devient possible. Cette perspective fait craindre un ralentissement, voire une paralysie, des cours et tribunaux.
Présentée comme une avancée majeure pour la profession, la loi du 7 octobre 2025 prévoit plusieurs mesures fortes. Notamment, elle crée un corps unique des greffiers classé en catégorie A, hiérarchie A1. Toutefois, les décrets et arrêtés nécessaires à sa mise en œuvre font toujours défaut. Par conséquent, plusieurs dispositions essentielles demeurent inappliquées sur le terrain.
Le Synagref multiplie les démarches
Le Synagref affirme avoir multiplié les démarches depuis le début de l’année 2026. En effet, le syndicat réclame l’installation de la commission chargée d’harmoniser les textes d’application du nouveau statut des greffiers. Certes, un arrêté ministériel a été signé le 9 juin dernier. Néanmoins, le syndicat estime que les procédures administratives n’ont pas véritablement avancé depuis lors.
Les greffiers, rouages indispensables de la justice
Au-delà des revendications statutaires, les greffiers occupent une place centrale dans l’institution judiciaire. Ils assistent les magistrats à l’audience et authentifient les décisions rendues. En outre, ils assurent la conservation des actes et participent à l’exécution des procédures. De nombreuses décisions de justice ne peuvent d’ailleurs produire leurs effets sans leur intervention directe. Ainsi, toute perturbation durable de leur activité aurait des répercussions immédiates. Elle toucherait le traitement des affaires civiles, pénales, commerciales et administratives.
Une crise encore évitable
Le Synagref doit prochainement réunir son assemblée générale pour trancher. Cette réunion vise à définir les suites à donner aux revendications actuelles. Plusieurs options pourraient ainsi être examinées par les membres du syndicat. D’une part, de nouvelles démarches de dialogue restent envisageables avec la Chancellerie. D’autre part, un mouvement de grève demeure possible en l’absence d’avancées concrètes. Pour les autorités, l’enjeu consiste désormais à accélérer les textes d’application.
Un risque institutionnel à ne pas sous-estimer
L’objectif reste d’éviter qu’un différend administratif ne se transforme en crise institutionnelle avec l’absence d’application du nouveau statut des greffiers. En effet, une telle crise pourrait affecter le fonctionnement normal du service public de la justice. À Lambaréné, un proverbe enseigne que « Lorsque la charnière de la porte se bloque, ce n’est pas la maison qui refuse d’ouvrir, mais celui qui tarde à la réparer. » Dans une institution aussi essentielle que la justice, un retard administratif peut produire des conséquences lourdes. Prévenir la crise demeure donc toujours moins coûteux que d’en gérer les effets.











































