Les avocats d’Hervé Patrick Opiangah, Me Carole Moussavou, Me Placide Mba et Me Paulette Oyane Ondo sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’incohérence juridique. Au cours d’un point presse organisé ce lundi 6 juillet 2026 à Libreville, ils ont rappelé que leur client a été définitivement blanchi par la justice gabonaise dans l’affaire de viol, d’inceste et de menaces de mort qui avait profondément marqué l’opinion nationale. En effet, ils s’interrogent sur le maintien de mesures restrictives qui, selon eux, n’ont désormais plus de fondement légal comme la privation de leur client Hervé Patrick Opiangah de ses trois passeports.
Les conseils de l’homme d’affaires font la genèse que le 24 février 2026, le doyen des juges d’instruction a rendu une ordonnance de non-lieu conforme aux réquisitions du ministère public. Cette décision a ensuite été confirmée par la Chambre d’accusation le 2 mai 2026, avant d’être définitivement consacrée par une ordonnance de non-pourvoi délivrée le 12 juin dernier. «Ce certificat de non-pourvoi a clôturé cette affaire. Nous sommes donc à la fin de cette affaire qui a ébranlé la population gabonaise », ont-ils déclaré, soulignant que « la partie adverse ne peut plus se pourvoir en cassation».
Certes, les autorités ont restitué une partie des biens saisis le 12 mars 2026. Cependant, les trois passeports de l’Hervé Patrick Opiangah restent introuvables à ce jour. « Jusqu’à l’heure où nous faisons ce point de presse, nous n’avons pas obtenu la restitution des deux passeports diplomatiques, du passeport ordinaire, des ordinateurs et de l’écran », a regretté Me Moussavou. De plus, le parquet affirme que ces effets ne figuraient pas sur la liste déposée au Trésor public. Une réponse qui, selon la défense, laisse toute la famille perplexe. Néanmoins, les avocats maintiennent leur demande de restitution complète.
Une interdiction de sortie contestée
Toutefois, une autre mesure sensible inquiète davantage les avocats d’Hervé Patrick Opiangah. Malgré une demande adressée au ministre de la Justice, aucune suite n’aurait été donnée jusqu’ici. « La justice a rendu son verdict. Pourquoi est-ce que notre client ne peut pas se déplacer librement ? », ont-ils interrogé avec insistance. Par ailleurs, Élisabeth Mengué-Opiangah, jamais poursuivie dans ce dossier, a été refoulée à la frontière le 21 mai. « Cette dernière n’a jamais été inculpée ni fait l’objet d’une quelconque procédure », ont rappelé fermement les conseils de la famille.

Des avocats qui réclament justice
Par ailleurs, pour Me Moussavou, cette situation demeure totalement incompréhensible pour toute la défense. « Sont-ils des prisonniers ou sont-ils des Gabonais libres d’aller et venir ? », s’est-elle interrogée avec émotion. En définitive, les avocats appellent donc les autorités compétentes à tirer toutes les conséquences des décisions rendues. « Un homme d’affaires ne peut pas déployer ses activités s’il ne peut pas se déplacer », ont-ils conclu sans détour. Ainsi, ils réclament désormais la restitution immédiate des passeports confisqués depuis de nombreux mois déjà.
Un dossier qui interroge l’État de droit
Ce dossier soulève par ailleurs des questions sérieuses sur l’application des décisions judiciaires au Gabon. En effet, plusieurs observateurs s’interrogent aujourd’hui sur la cohérence entre la justice et l’administration publique. De même, certains y voient d’ailleurs un révélateur des défis de la nouvelle République naissante. Enfin, l’affaire Opiangah illustre bien combien une décision de justice peut parfois rester lettre morte, malgré son caractère définitif. Pour beaucoup, cette situation dépasse ainsi largement le seul cadre personnel de l’homme d’affaires concerné. Ainsi, elle interpelle plus globalement sur le respect effectif des libertés individuelles garanties par la Constitution. Dès lors, l’issue de ce dossier sera scrutée de près.











































