Libreville, le 29 juin 2026 -Le Parlement a franchi une étape essentielle du calendrier budgétaire de l’État. En effet, les députés se sont réunis en séance plénière au Palais Léon Mba. Ils ont procédé à l’examen du Débat d’orientation budgétaire (DOB). Cet exercice est désormais incontournable dans la gouvernance des finances publiques. Par ailleurs, les députés ont adopté un projet de loi important. Ce texte habilite le Président de la République à légiférer par ordonnance durant l’intersession parlementaire.
La séance était présidée par le deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, Jeannot Kalima. Il assurait l’intérim du Président Michel Régis Onanga M. Ndiaye. Ainsi, la séance a permis aux représentants de la Nation de confronter les grandes orientations économiques du Gouvernement. Ces orientations ont rencontré les préoccupations exprimées par les populations.
Le Débat d’orientation budgétaire, un instrument d’anticipation des politiques publiques
Le Débat d’orientation budgétaire ne donne lieu à aucun vote. Néanmoins, il constitue un moment déterminant de la préparation de la future loi de finances. En effet, il permet au Gouvernement de présenter les grandes trajectoires économiques envisagées. Parallèlement, les députés exercent leur mission de contrôle et de proposition avant l’élaboration du budget de l’État. Ainsi, à travers cet exercice, la représentation nationale participe à la définition des priorités. Ces priorités structureront l’action publique au cours du prochain exercice budgétaire.
Les préoccupations du quotidien au cœur des échanges
Les interventions des députés ont largement porté sur les attentes concrètes des citoyens. En effet, la souveraineté alimentaire a notamment retenu l’attention des élus. De même, les conséquences de la suspension programmée des importations de poulets de chair ont nourri les débats. Le développement de la filière halieutique a également été évoqué. Les infrastructures routières ainsi que l’accès à l’eau potable ont aussi nourri les échanges. Enfin, l’accès à l’électricité a complété cette liste de priorités. La situation financière de la CNAMGS a aussi animé les échanges entre élus et membres du Gouvernement. De plus, l’impact des fluctuations du marché pétrolier sur les finances publiques a suscité un vif intérêt. Ainsi, cette diversité des sujets illustre la volonté du Parlement. Cette volonté consiste à inscrire la réflexion budgétaire dans une approche connectée aux réalités économiques et sociales du pays.
Le Gouvernement défend une stratégie de transformation économique
Face aux interrogations des parlementaires, le ministre des Finances, Thierry Minko, a pris la parole. Il a présenté les principaux axes de la politique gouvernementale. L’accent a notamment porté sur le renforcement de la production nationale. En effet, cet effort vise à réduire progressivement la dépendance alimentaire. De plus, le Gouvernement accompagne les secteurs agricole et halieutique. Cet accompagnement passe par des mécanismes de financement adaptés. Il s’appuie également sur des investissements destinés à accroître les capacités de production. Pour sa part, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, s’est exprimée. Elle a réaffirmé une ambition claire. Ainsi, elle souhaite concilier discipline budgétaire et efficacité de la dépense publique. Elle vise aussi l’amélioration durable des conditions de vie des populations.
L’habilitation à légiférer par ordonnance adoptée
Au cours de la même séance, les députés ont adopté à l’unanimité un projet de loi important. Ce texte autorise le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, à prendre des ordonnances. Cette habilitation couvre la période d’intersession parlementaire allant du 1ᵉʳ juillet au 31 août 2026. La Constitution prévoit d’ailleurs cette procédure. Elle permet d’assurer la continuité de l’action gouvernementale lorsque le Parlement ne siège pas. Toutefois, la représentation nationale devra ultérieurement ratifier les ordonnances.
Une gouvernance budgétaire sous le signe de l’anticipation
Au-delà des textes examinés, cette séance illustre la montée en puissance d’une culture de programmation budgétaire. Cette culture est davantage tournée vers l’anticipation que vers la seule exécution comptable. Ainsi, le Débat d’orientation budgétaire apparaît comme un espace privilégié de dialogue entre l’Exécutif et le Législatif. Dans cet espace, les impératifs de soutenabilité financière se confrontent aux attentes légitimes des citoyens.
Par ailleurs, le contexte actuel est marqué par la recherche d’une croissance plus inclusive. Il l’est également par une meilleure efficacité de la dépense publique. Par conséquent, la qualité de ces échanges conditionnera largement la capacité du futur budget. Ce budget devra répondre aux défis économiques, sociaux et territoriaux. Le Gabon demeure en effet confronté à ces défis multiples.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Le chef avisé ne construit pas sa pirogue lorsque le fleuve déborde. Il choisit le bon bois bien avant la saison des pluies. »











































