Le Sénégal était présenté comme un outsider sérieux. Aujourd’hui, il se retrouve au bord de l’élimination. Après une défaite contre la France, les Lions ont sombré face à une Norvège emmenée par un Erling Haaland irrésistible. Malgré un doublé salvateur d’Ismaïla Sarr, la sanction est implacable : 3-2. Deux matchs, deux défaites, un abîme qui s’ouvre sous les pieds de Pape Thiaw.
Koulibaly, l’icône devenue faille
Le choix de reconduire le même onze du Sénégal interroge . Pape Thiaw n’a rien changé malgré les lacunes défensives exposées contre les Bleus. Or, Kalidou Koulibaly était en manque flagrant de rythme. La soirée a été cauchemardesque pour le capitaine. Impliqué sur les trois buts norvégiens, maladroit dans ses relances, trop court dans ses interventions, il a symbolisé l’arrière-garde dépassée. Son remplacement à la 72e minute, rare pour un joueur de son statut, dit tout de l’urgence de la situation. L’icône est devenue faille.
Mané fantôme, Jackson muet : une attaque sans voix
Face à une Norvège disciplinée et réaliste, le Sénégal n’a jamais contrôlé le tempo. La possession, souvent stérile, n’a pas masqué la pauvreté des occasions créées. Sadio Mané, méconnaissable, a traversé la rencontre comme une ombre. Nicolas Jackson et le milieu de terrain n’ont jamais réussi à peser sur le bloc adverse. Seul Ismaïla Sarr, repositionné dans l’axe, a tenu la chandelle.
Son activité et ses deux buts tardifs ont évité l’humiliation. Mais ils n’ont pas suffi à sauver les Lions.
Mendy sorti, Thiaw dépassé : une lecture tactique en question
La blessure d’Édouard Mendy, sorti à l’heure de jeu, a alourdi un tableau déjà sombre. Avant de quitter le terrain, il avait réalisé deux parades décisives. Sans lui, le score aurait pu être plus lourd encore. Par ailleurs, la lecture tactique de Pape Thiaw suscite des interrogations profondes. Le passage tardif au 4-4-2, alors que la Norvège menait déjà 2-0, ressemble davantage à une réaction contrainte qu’à un choix stratégique. Le Sénégal a subi plus qu’il n’a construit. Il a couru après le match plutôt que de l’influencer.
Face à l’Irak, une survie à assumer
Avec deux défaites en deux matchs, les Lions n’ont plus le droit à l’erreur. Leur dernier match face à l’Irak sera celui de la survie pure. Mais au-delà de l’enjeu comptable, c’est l’identité même de cette équipe qui vacille. L’Afrique observait le Sénégal pour voir un porte-drapeau du continent. Elle voit désormais une formation en perte de repères, fragilisée mentalement et tactiquement. Entre le Sénégal espéré et le Sénégal observé, le gouffre est réel.










































