Ils ont consacré leur carrière aux champs pétroliers gabonais. Pourtant, deux ans après la reprise des actifs d’Addax Petroleum par la Gabon Oil Company (GOC), plus de vingt anciens salariés attendent toujours une réponse concrète. Techniciens chevronnés et ingénieurs expérimentés, ces professionnels réclament leur intégration au sein de la compagnie nationale. Leur dossier, gelé depuis 2024, cristallise les tensions autour de la souveraineté pétrolière gabonaise.
Des profils d’exception réduits au silence
Ces hommes et femmes ne sont pas des débutants. Certains cumulent plus de seize ans d’expérience sur les sites de Tsiengui, Obangue et Rabi. Pourtant, malgré ce capital humain précieux, ils demeurent sans emploi. Comme des pièces maîtresses d’un puzzle que personne ne souhaite assembler, ces experts errent aux marges d’une industrie qu’ils ont contribué à bâtir. Dès lors, leur frustration grandit à mesure que les mois s’écoulent sans issue.
La nationalisation de 2024 : une promesse à géométrie variable
Lors du transfert des actifs, les espoirs étaient immenses. Effectivement, environ 130 agents avaient alors réintégré la compagnie nationale après la prise en main des sites. Cependant, plusieurs dizaines de salariés se sont retrouvés victimes d’un plan de licenciement économique. Ainsi, la nationalisation, présentée comme un acte souverain historique, a produit des gagnants et des oubliés. Or, cet écart entre discours et réalité ronge la crédibilité des autorités de transition.
Un paradoxe au cœur de la stratégie pétrolière gabonaise
Le Gabon affiche haut et fort son ambition de valoriser les compétences nationales. Par conséquent, laisser des ingénieurs gabonais sans intégration à la GOC apparaît comme une contradiction flagrante. C’est un peu comme vanter l’excellence d’une école tout en refusant d’y employer ses propres diplômés. De surcroît, l’expertise locale constitue le socle indispensable d’une industrie pétrolière véritablement souveraine. Néanmoins, les faits semblent contredire les ambitions affichées.
Le collectif hausse le ton et interpelle Oligui
Face à l’immobilisme, le collectif des ex-employés d’Addax Petroleum monte en puissance. Désormais, ses membres sollicitent directement l’intervention des plus hautes autorités de la transition. En effet, sans arbitrage politique fort, le dossier risque de s’enliser indéfiniment dans les méandres administratifs. Parallèlement, cette mobilisation attire l’attention sur la capacité du gouvernement à tenir ses engagements envers les travailleurs du secteur. Car chaque jour qui passe accentue la précarité de familles entières.
L’expertise locale, grande absente de la GOC nouvelle génération
Au fond, cette affaire pose une question fondamentale. Quelle place réserve-t-on au talent gabonais dans la reconstruction de l’industrie pétrolière nationale ? En définitive, la GOC ne peut prétendre incarner la souveraineté énergétique du Gabon tout en écartant ses propres fils. D’une part, intégrer ces professionnels renforcerait la capacité opérationnelle de la compagnie. D’autre part, cela enverrait un signal fort aux jeunes générations de techniciens gabonais. Aussi, l’heure n’est plus aux promesses : elle est aux actes.











































