À Libreville, le Parti souverainistes-écologistes (PSE) hausse le ton. Réuni pour son deuxième congrès ordinaire le 13 juin, le PSE affiche son ambition. « Le Peuple, la Terre, l’Avenir » : voilà le triptyque porté par Francis Hubert Aubame. Désormais, le parti veut dépasser la simple critique pour devenir une force de proposition. Issu d’un courant de l’Union nationale, il revendique l’héritage des luttes démocratiques récentes.
Une transition jugée trahie par ses propres promesses
Pour Aubame, les événements du 30 août 2023 ont salué la fin de quatorze années d’imposture. Pourtant, près de trois ans plus tard, le bilan déçoit profondément. « Les militaires voudraient capter toute la lumière », martèle-t-il sans détour. Or, c’est l’opposition qui aurait préparé le terrain de cette rupture historique. Ainsi, l’ancien système semble se reproduire, simplement repeint sous des couleurs nouvelles et trompeuses.
Justice instrumentalisée, libertés muselées
Le président du Parti souverainistes-écologistes dénonce également la suspension des réseaux sociaux et la réforme contestée du Code de la nationalité. Par ailleurs, il fustige l’incarcération de figures
emblématiques de l’opposition. « Quand la justice devient l’auxiliaire du pouvoir politique, c’est l’État de droit tout entier que l’on incarcère », lance-t-il. Il réclame ainsi la libération immédiate d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et de Bob Mengome, détentions jugées éminemment politiques.
Cinq piliers pour reconstruire le Gabon
Face à ce constat sévère, le PSE déploie un projet structuré en cinq axes. D’abord, la refondation de l’État de droit avec une justice véritablement indépendante. Ensuite, l’écologie érigée en moteur du développement national. « La rente écologique doit servir les Gabonais et non être bradée », insiste Aubame. Puis viennent l’économie souveraine, l’investissement humain et la modernisation numérique. Chaque pilier dessine une nation rebâtie sur des fondations nouvelles.
Une souveraineté numérique au service des libertés
Finalement, le cinquième axe porte sur les infrastructures, l’énergie et le numérique national. Le PSE défend une « souveraineté numérique qui protège les libertés au lieu de les museler ». Néanmoins, l’ambition dépasse largement la technologie seule. Car derrière chaque axe se dessine une vision globale et cohérente. Le PSE espère ainsi transformer ce triptyque en véritable projet politique pour les prochaines échéances nationales.







































