L’affaire Bilie-By-Nze connaît un nouveau rebondissement médiatique ce mercredi 17 juin. Les avocats de l’ancien Premier ministre gabonais sont remontés au créneau. Leur client reste détenu à la prison centrale de Libreville. Le dossier concerne une somme de 5 millions de francs CFA. Représentée par Me Thierry Nguia, la défense conteste fermement la qualification retenue. Pour elle, cette procédure ne relève pas d’un simple litige privé. Comme un fil que l’on tire, chaque déclaration dévoile une pièce supplémentaire du dossier. L’opinion publique gabonaise suit ce feuilleton judiciaire avec une attention soutenue. Chaque nouvelle audience ravive les passions autour de cette affaire sensible.
Une nouvelle sortie médiatique de la défense
Après leur intervention du 5 juin, les conseils reviennent à la charge. Théophile Makita Niembo et Frederic Mavioga accompagnaient Me Thierry Nguia ce jour-là. Ces deux hiérarques d’Ensemble pour le Gabon ont appuyé l’argumentaire juridique. Ensemble, ils dressent le portrait d’une affaire de l’ancien Premier ministre qu’ils jugent profondément viciée. Ainsi, leur discours combine arguments de droit et lecture politique. De plus, l’unité affichée traduit une stratégie de communication assumée. Visiblement, ces trois voix avancent désormais d’un même pas devant les caméras.
La prescription des faits au cœur des arguments
D’abord, l’avocat évoque l’ancienneté des faits reprochés à son client, l’ancien Premeir ministre. Selon lui, ces événements remonteraient à 2008, soit près de deux décennies. « Le délai légal pour déclencher l’action publique est désormais dépassé », a-t-il affirmé. Par conséquent, il estime que toute poursuite devrait logiquement s’arrêter là. Il s’interroge également sur une application à géométrie variable du droit commun. Pourquoi ce principe ne s’appliquerait-il pas, selon lui, à son client ? Cette question reste, pour l’instant, sans réponse officielle des autorités judiciaires. Le temps, ici, devient un argument central plutôt qu’un simple détail technique dans cette procédure qui conviendrait désormais d’être appelée Affaire Bilie-By-Nze.
Une affaire qualifiée de strictement publique
Par ailleurs, la défense insiste sur la nature institutionnelle des fonds en cause. Les 5 millions de francs CFA auraient servi à la Fête des cultures. Or, le ministère de la Culture lui-même aurait initié cet événement. « Ce n’était pas pour un mariage coutumier à titre privé », a-t-il précisé. Selon Me Nguia, un comité d’organisation gérait cette manifestation strictement républicaine. Comme une pièce administrative parmi d’autres, ce dossier de l’ancien Premier ministre relèverait donc du domaine public. À ses yeux, confondre fonds publics et affaire privée reviendrait à brouiller les repères du droit.
Une procédure jugée à motivation politique
Néanmoins, l’argument central de la défense dépasse le strict cadre juridique. L’avocat estime que le caractère politique de l’affaire paraît désormais évident. « Sur le plan juridique, il n’y a rien », a-t-il martelé devant la presse. Selon lui, cette procédure viserait surtout à écarter son client du débat public. Ainsi, l’éligibilité future de l’ancien Premier ministre serait directement menacée par cette détention prolongée. En somme, la défense y voit une manœuvre déguisée en affaire judiciaire. Pour ses avocats, ce dossier ressemblerait davantage à un règlement de comptes politique.
Des avocats dénoncent plusieurs irrégularités
Enfin, les conseils énumèrent plusieurs manquements aux droits fondamentaux de leur client. Le juge d’instruction n’aurait toujours pas entendu Alain-Claude Bilie-By-Nze. Pourtant, près de 55 jours se sont déjà écoulés depuis son incarcération. « On ne peut pas vous avoir placé en détention sans vous entendre », a déploré l’avocat. Désormais, la défense affirme avoir saisi les juridictions compétentes sur ce point précis. Elle réclame, par conséquent, la libération immédiate de l’ancien chef du gouvernement. Pour elle, cette procédure resterait fondamentalement nulle sur le plan légal. Au final, l’affaire promet de nourrir longtemps le débat politique gabonais. Les prochaines semaines diront clairement si la justice ou la politique aura, au fond, le dernier mot.











































