Il a fallu attendre quatorze ans pour voir arriver cette première. Didier Deschamps vient de perdre un match de préparation à une grande compétition. À la Beaujoire de Nantes, la Côte d’Ivoire a renversé les Bleus sur le score de 2-1. Ce résultat inédit sonne comme un avertissement à dix jours du coup d’envoi du Mondial 2026.
Ce n’était jamais arrivé depuis que Deschamps dirige les Bleus en 2012. Pourtant, ce soir-là, les Éléphants ont eu raison d’une équipe de France trop tendre en seconde période. « Un groupe de la mort attend cette équipe sur un autre continent » : ce rappel brutal résume parfaitement l’enjeu des semaines à venir pour les champions du monde en titre.
Cherki illumine une première période de haute tenue
En première période, la France a montré de belles choses. Rayan Cherki, positionné dans un rôle plus axial, n’a jamais cessé de proposer et d’innover. Son activité permanente a rendu la défense de la Côte d’Ivoire nerveuse. Seko Fofana lui a résisté plusieurs fois, mais pas à chaque tentative.
C’est d’ailleurs Cherki qui a ouvert le score juste avant la pause. Après un mauvais dégagement adverse, il a croisé son tir à l’entrée de la surface pour tromper le gardien ivoirien. Un but de classe qui couronnait une première période maîtrisée. À la pause, la France menait 1-0 et semblait tenir son scénario idéal.
La valse des remplacements brise le rythme des Bleus
Dès la reprise, Deschamps a procédé à cinq changements simultanés, dont la sortie de Kylian Mbappé. Ce choix tactique a cassé la dynamique collective construite en première période. La seconde mi-temps a rapidement tourné à l’avantage ivoirien. Les Éléphants, eux, ont su garder leur fil directeur malgré neuf changements de leur côté.
Ainsi, dans un deuxième acte dominé par les rotations, c’est la Côte d’Ivoire qui a montré le plus de clarté. La France a perdu ses repères offensifs sans parvenir à retrouver la fluidité du début de match. Marcus Thuram a tenté sa chance à plusieurs reprises sans succès. Le scénario du match basculait progressivement vers les hommes en orange.
La belle soirée de Guela Doué face au pays de sa naissance
Le grand homme de la soirée côté ivoirien se nomme Guela Doué. Né à Angers, à moins de cent kilomètres de la Beaujoire, il a vécu une nuit très particulière sur ce terrain. D’abord buteur sur une belle séquence collective lancée par Nicolas Pépé, il a égalisé à la 53e minute. Ce but, devant son petit frère resté sur le banc, valait bien plus qu’un simple 1-1.
En outre, il a signé le centre décisif sur le but de la victoire. À la 84e minute, Amad Diallo a repris ce centre fort pour offrir le 2-1 aux Éléphants. Ce dénouement a plongé la Beaujoire dans un silence stupéfait. La Côte d’Ivoire venait d’écrire une belle page de son histoire face aux Bleus.
Un avertissement utile avant un Mondial sous haute tension
Ce revers ne doit pas affoler, mais il ne peut pas non plus être minimisé. La France aborde son Mondial 2026 sans les certitudes habituelles. « C’est un bon rappel : la Coupe du monde, c’est dans dix jours. » Deschamps dispose encore du temps nécessaire pour resserrer les rangs et régler les automatismes. Mais face à des Éléphants affûtés et décomplexés, les Bleus savent désormais qu’ils devront produire beaucoup mieux pour briller sur la scène mondiale.












































