a paLibreville, Gabon — 30 mai 2026 — Sous un chapiteau dressé au quartier Charbonnages, une annonce rare a retenu l’attention. L’avocat, écrivain et essayiste gabonais Me Jean Paul Moumbembé y présentait son septième ouvrage. Intitulé Sibyllus, ce livre de quatre-vingts pages à la couverture rose est présenté par son auteur comme un recueil de révélations divines.
Une présentation hors du commun
Les proches, les universitaires, les écrivains et les amateurs de spiritualité composaient l’assistance. Un silence presque religieux régnait dans la salle. Ce jour-là, les organisateurs ne présentaient pas simplement un livre. C’est la fin du monde qui était annoncée.
Selon Me Moumbembé, cette échéance est fixée au 30 mai 2073. Il ne choisit pas cette date au hasard. Elle coïncide exactement avec le centième anniversaire de la naissance de l’auteur, né le 30 mai 1956 à Port-Gentil.
Un manuscrit reçu, non écrit
La particularité revendiquée de Sibyllus tient à son origine déclarée. Me Moumbembé affirme ne pas avoir rédigé cet ouvrage au sens traditionnel du terme.
« J’affirme avoir reçu ledit manuscrit de Sybilus et Telum, les deux Créateurs des six premiers Hommes-N’Guggi sur Terre. »
Cette affirmation singulière place l’ouvrage dans une catégorie à part. Il ne s’agit pas d’un roman, ni d’un essai philosophique classique. C’est une œuvre de transmission, selon les termes mêmes de son auteur.
La date de réception est précisée : le 30 mai 2025 à 09h00. Ce détail confère à la narration une précision quasi documentaire.
Une cosmogonie africaine originale
Au cœur du livre réside une vision de la création humaine radicalement différente des traditions connues. Deux entités créatrices y sont identifiées : Sybilus et Telum-Dieu.
« Sybilus créa l’Homme-Carapace, l’Homme-Squelette, l’Homme-Physique, l’Homme-Matériel. Et Telum-Dieu leur souffla la Vie. »
En effet, selon cette tradition, Dieu créa les six premiers hommes, appelés les N’Guggi, en Éthiopie. Le récit évoque trois couples : un homme et une femme noirs, un homme et une femme blancs, ainsi qu’un homme et une femme à la peau vert-olive. La nature arborait originellement cette dernière teinte, que le récit présente comme sa couleur première.
Ces premiers êtres auraient grandi au sous-sol terrestre, parmi les cobras, avant d’apparaître à la surface à l’âge de 66 ans.
Cinq âmes, une métaphysique complexe
Sibyllus développe également une doctrine originale autour de l’âme humaine. Me Moumbembé y distingue cinq types d’âmes, chacune portant une fonction spécifique.
« L’Âme traditionnelle est logée dans le spermatozoïde du père géniteur, qui la transmet à son enfant dès la fécondation. »
L’auteur identifie également l’âme prima-vivifiante, l’âme métaphysique, l’âme neutre complémentaire et l’âme neutre initiée. Cette dernière intervient dans le phénomène de résurrection du corps physique.
Cette taxonomie constitue l’ossature métaphysique du livre. Elle articule cosmogonie et ontologie dans un cadre inédit.
La fin de l’humanité comme aboutissement, non comme catastrophe
La notion de fin du monde est ici réinterprétée. Il ne s’agirait pas d’une destruction, mais d’une élévation.
« L’Humanité-Synthèse sera composée de 2073 hommes-terriens pour une nouvelle dimension vibratoire, hors de la Terre. »
Cette humanité finale, désignée comme Humanité-Synthèse, résulterait de la convergence des deux précédentes : l’humanité créée et l’humanité procréée. L’Afrique joue un rôle central dans cette vision. Le récit désigne la partie australe comme témoin de l’humanité primaire. L’Afrique centrale instruit l’humanité secondaire.
Une réception entre curiosité et émotion
La présentation s’est tenue le jour même du 70e anniversaire de Me Moumbembé. Ce choix n’était pas anodin. Il ancrait symboliquement le livre dans une trajectoire de vie entière.
Sa mère, âgée de 100 ans, réside à ses côtés. Cette longévité s’évoque avec gratitude dans son discours d’ouverture.
« Grand merci à mon défunt père, ce Congolais de Brazzaville, et à ma mère, cette Gabonaise aujourd’hui âgée de cent ans. »
La salle a accueilli ces mots dans un silence respectueux. La dimension intime du propos contrastait avec la portée universelle des révélations annoncées.
Entre foi, littérature et philosophie
Sibyllus n’appelle pas à une lecture passive. Me Moumbembé insiste sur une condition préalable à toute compréhension de l’ouvrage.
« La lecture de ce livre exige de se débarrasser de toute ancienne idée philosophique, religieuse et scientifique préconçue. »
Ainsi, c’est là un défi lancé autant aux croyants qu’aux sceptiques. L’ouvrage se situe délibérément hors des catégories établies. Il ne relève ni de la théologie classique, ni de la philosophie académique, ni de la fiction.
Il se présente comme une révélation, au sens fort du terme.
Un positionnement international assumé
La conférence de presse de Me Moumbembé s’adressait explicitement à la presse nationale et internationale. Ce positionnement témoigne donc d’une ambition éditoriale dépassant les frontières gabonaises.
Sibyllus s’inscrit ainsi dans un courant mondial de spiritualités alternatives. Il dialogue, à sa façon, avec les grandes traditions cosmogoniques africaines et universelles. La question de la fin de l’humanité, posée avec calme et précision, n’est pas nouvelle. Mais rarement des auteurs auront formulé cette idée avec une telle rigueur documentaire et une telle sérénité.
Me Jean Paul Moumbembé, avocat de formation, écrivain de vocation, se présente désormais aussi comme un transmetteur. Ce septième livre constitue, selon lui, l’œuvre la plus importante de sa carrière.


























