Dans la nuit du 4 au 5 mai 2026, des combattants de Boko Haram ont lancé un assaut nocturne contre la position militaire de Barka Tolorom, dans la province du lac Tchad. Le bilan officiel de l’état-major s’établit à 23 soldats tués et 26 blessés, tandis que des sources indépendantes citées par l’AFP font état de chiffres légèrement supérieurs.
Un assaut nocturne repoussé, mais meurtrier
Vers 22 heures le 4 mai, les éléments de Boko Haram ont ciblé l’île de Barka Tolorom, position stratégique des Forces de défense et de sécurité (FDS) tchadiennes dans la province du lac Tchad. Selon le communiqué de l’état-major général des armées, la riposte a été immédiate. Les soldats ont repoussé l’attaque, neutralisé un nombre important d’assaillants et récupéré du matériel. Toutefois, le bilan dans les rangs tchadiens reste lourd : 23 morts et 26 blessés selon le chiffre officiel provisoire, avec l’annonce d’un bilan définitif à venir.
Des sources militaires et administratives concordantes interrogées par l’AFP avancent quant à elles des chiffres légèrement supérieurs, entre 24 et 25 morts et jusqu’à 46 blessés. Les victimes ont été évacuées vers N’Djamena.
La réaction du président Déby et des institutions
Sur sa page Facebook, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a condamné cette « attaque lâche », rendu hommage aux soldats tombés et réaffirmé la volonté de l’armée d’éradiquer la menace jihadiste dans Le lac sahélien. De son côté, l’Assemblée nationale a exprimé sa « vive émotion et profonde indignation », appelant les Tchadiens à « l’union sacrée » et réaffirmant son soutien aux forces armées.
Cette attaque intervient moins de sept mois après un assaut similaire, en octobre 2024, qui avait coûté la vie à une quarantaine de soldats dans la même zone. Elle illustre la persistance de la menace jihadiste dans le bassin du lac Tchad malgré les opérations militaires répétées menées par N’Djamena.
Un foyer de tension régional chronique
Le lac Tchad constitue l’un des épicentres du jihadisme en Afrique subsaharienne. La région est partagée entre quatre pays — Tchad, Niger, Nigeria et Cameroun — et demeure un sanctuaire pour plusieurs groupes armés, notamment Boko Haram dans sa faction JAS et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Ces derniers mois, les incidents ont redoublé d’intensité, avec des enlèvements et des raids répétés contre des positions militaires, en dépit des opérations de démantèlement annoncées par les autorités tchadiennes.
Pour les analystes, cette attaque de Barka Tolorom confirme que la stratégie de contre-terrorisme au Sahel central reste confrontée à un ennemi dispersé, mobile et capable de frapper au cœur des dispositifs défensifs — un défi sécuritaire majeur pour l’ensemble de la sous-région.


























