Le lundi 4 mai 2026, Libreville a été le théâtre d’une avancée décisive pour la politique agricole du Gabon avec une ferme avicole. L’État gabonais a officiellement signé cinq conventions d’investissement avec des opérateurs étrangers issus de Turquie, du Cameroun et de Chine. Portés conjointement par le ministère de l’Agriculture et celui de l’Économie, ces accords traduisent une ambition claire : structurer durablement la production alimentaire nationale et réduire la dépendance chronique du pays aux importations.
Dans un contexte où la vie chère demeure une préoccupation quotidienne pour les ménages gabonais, ces engagements revêtent une dimension sociale autant qu’économique.
Un investissement turc colossal au cœur du dispositif
L’accord le plus emblématique de cette journée a été conclu avec le groupe turc Hakan Kiran. L’investissement annoncé s’élève à 120 millions de dollars, soit environ 92 milliards de francs CFA, consacrés à la création d’une ferme avicole intégrée. Structuré sous forme de partenariat public-privé, ce projet vise une production annuelle comprise entre 85 000 et 90 000 tonnes de poulet de chair, à atteindre dans un délai de deux ans.
>Cet accord concrétise un mémorandum d’entente signé dès octobre 2025 entre le groupe Hakan Kiran et l’État gabonais, confirmant ainsi la solidité d’un engagement préparé de longue date.
Le Cameroun mise sur la formation des éleveurs gabonais
Ce projet se distingue par sa dimension humaine. Sa directrice générale, Yelena Fotso, a résumé la philosophie du groupe. Ainsi, il s’agit de former les Gabonais à l’élevage avicole. En effet, le groupe leur fournit les intrants nécessaires pour développer une filière locale durable. Une approche qui mise sur le transfert de compétences autant que sur la production.
La Chine renforce sa présence agricole au Gabon
Trois accords supplémentaires ont été conclus avec des investisseurs agricoles chinois. Ainsi, un accord-cadre cible le développement de cinq infrastructures stratégiques au Gabon. Ces conventions s’inscrivent dans une logique de diversification des partenariats économiques, ouvrant le secteur primaire gabonais à de nouveaux acteurs internationaux.
Vers une agriculture compétitive et une inflation maîtrisée
Pour le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, ces cinq conventions traduisent une volonté politique affirmée. Ainsi, les autorités entendent rendre le secteur agricole véritablement viable et compétitif. Au-delà de la production, l’objectif final est de peser sur le niveau des prix à la consommation. Ainsi, il s’agit de substituer progressivement la production locale aux produits importés.
Le Gabon engage ainsi une transformation structurelle de son modèle alimentaire, avec la souveraineté comme cap et la lutte contre la vie chère comme boussole.









































