La capitale gabonaise tourne une page décisive. Réuni en session extraordinaire le 30 avril sous la présidence du maire fraîchement réélu Eugène Mba, le Conseil municipal de Libreville a adopté à l’unanimité le budget primitif 2026, arrêté à 30 milliards de francs CFA. Un vote qui met fin à plusieurs mois de blocage institutionnel et ouvre une nouvelle séquence dans la gestion de la commune la plus peuplée et la plus stratégique du Gabon.
Un budget deux fois refusé, enfin adopté sans réserve
Le chemin qui a conduit à ce vote unanime du conseil municipal de Libreville n’a pas été linéaire. Ce même projet budgétaire avait été initialement rejeté sous la mandature de Pierre Matthieu Obame Etoughe, désormais ex-maire de Libreville. Son retour sur la table du Conseil, dans un contexte politique renouvelé, a permis d’aboutir à une adoption sans réserve ni abstention. Un consensus politique rare dans l’histoire récente de la mairie de Libreville, que les observateurs interprètent comme un signal fort de cohésion autour des priorités de la capitale. « Le budget que nous venons de voter est le reflet de la politique du président de la République, de transformer la ville de Libreville, de la rendre plus moderne, plus agréable, plus aérée », a déclaré Eugène Mba à l’issue de la séance.
Digitalisation en priorité, arrondissements renforcés : les axes stratégiques
Concrètement, ce budget de 30 milliards traduit une ambition de gouvernance structurée, orientée vers des résultats tangibles. Premier axe affiché par le maire : la digitalisation des services administratifs municipaux. « La première action, c’est de digitaliser les services administratifs », a martelé Eugène Mba, convaincu que cette modernisation permettra d’optimiser la mobilisation des recettes fiscales et de garantir un financement durable des investissements à venir.
En parallèle, les résolutions de la session prévoient un renforcement significatif des moyens alloués aux mairies d’arrondissement, dont les besoins en matière de voirie, d’éclairage, d’hygiène et de gestion urbaine restent considérables. « C’est d’abord une réponse aux préoccupations des maires d’arrondissement », a précisé Eugène Mba, soulignant la nécessité de doter ces entités de ressources suffisantes pour répondre efficacement aux attentes des citoyens de proximité.
Un test de crédibilité pour la nouvelle équipe dirigeante
Au-delà des chiffres, ce budget de la mairie de Libreville constitue avant tout un engagement de résultats pour l’exécutif municipal. Dans une ville confrontée à une urbanisation accélérée, à des déficits d’infrastructure et à une population exigeante, la capacité à traduire les ambitions budgétaires en réalisations concrètes sera le véritable baromètre du mandat qui s’ouvre.
En clôturant les travaux, Conseil municipal de la capitale gabonaise, le maire a salué « la pertinence des échanges, la synergie des actions et le climat de convivialité » ayant présidé aux débats. Il a appelé l’ensemble des conseillers à maintenir cette dynamique de cohésion pour garantir « un développement communal financièrement viable et socialement durable ». La ville a voté. Il reste maintenant à construire.


























