Le mercredi 22 avril 2026, le journaliste et responsable de Youbi Info Média, Tounda Youbi Médard, s’est présenté volontairement au parquet près le Tribunal de première instance de Libreville pour répondre à de nouveaux chefs d’accusation, dont celui de menace par voie de fait. Le juge d’instruction lui avait initialement accordé une liberté provisoire, avant de revenir sur sa décision quelques minutes plus tard dans un revirement qualifié d’« incompréhensible » par le RENAJI, qui soupçonne une intervention téléphonique extérieure.
Le RENAJI rappelle que les accusations initiales de diffamation, chantage et extorsion de fonds avaient déjà été rejetées par le juge, ce qui renforce, selon l’organisation, le caractère arbitraire de la détention. Si certains biens personnels du journaliste ont été restitués à sa famille, son téléphone portable demeure saisi par les autorités.
Le RENAJI exige transparence et impartialité
Face à cette situation, le RENAJI exprime sa « plus vive indignation » et dénonce « toute forme d’ingérence dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire ». L’organisation réclame le strict respect des droits de la défense et des procédures légales, et se réserve le droit d’engager toute action appropriée pour défendre son confrère et préserver la liberté de la presse au Gabon.
L’ensemble des événements s’est déroulé sous l’observation directe du Président du RENAJI, soulignant l’attention de la communauté journalistique gabonaise portée à cette affaire.
Une loi ignorée : l’article 199 bis du Code de la communication
Le cas Tounda Youbi Médard intervient alors que l’article 199 bis du Code de la communication gabonais consacre explicitement la dépénalisation du délit de presse, désormais de la compétence exclusive de la Haute Autorité de la Communication (HAC). L’incarcération d’un journaliste pour des faits liés à l’exercice de sa profession constitue donc une violation manifeste du cadre légal en vigueur.
Un schéma répétitif alarmant
Cette arrestation n’est pas isolée. En janvier 2025, Roland Olouba Oyabi, le journaliste et directeur de publication de Gabon Mail Infos, avait été interpellé sans convocation préalable par la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM). Avant lui, Harold Leckat, journaliste et directeur de publication de Gabon Media Time, avait été arrêté à l’aéroport de Libreville dès son retour de France, où il avait suivi une formation avec Média & Démocratie.
Ces cas répétés questionnent profondément la place du journalisme sous la Cinquième République gabonaise.
Quel signal le Gabon envoie-t-il à la veille du 3 mai ?
À quelques jours de la Journée internationale de la liberté de la presse, l’emprisonnement de Tounda Youbi Médard, pour avoir simplement documenté les promesses non tenues du ministère du Commerce et de l’Entrepreneuriat des Jeunes dirigé par Gninga Chaning Zenaba, interpelle directement Reporters sans frontières et la communauté internationale.
Le RENAJI avertit : aucune atteinte aux principes fondamentaux du journalisme ne sera tolérée.
Sources : Communiqué officiel du RENAJI, avril 2026.


























