À Port-Gentil, la protection des mineurs face à l’alcool n’est plus un slogan institutionnel : c’est une politique publique qui s’enracine dans les pratiques. Une nouvelle opération de contrôle menée par le tribunal pour enfants a confirmé que les efforts engagés depuis plusieurs années commencent à produire des résultats tangibles. Sous la conduite de Greta Marat-Abyla, magistrat hors hiérarchie et facilitatrice pour l’Unicef, une équipe composée de travailleurs sociaux a inspecté plusieurs snacks, bars et boîtes de nuit de la capitale économique entre 20 h 30 et minuit, période où les risques de présence de mineurs sont les plus élevés.
L’objectif de cette descente nocturne était clair : vérifier l’application stricte de l’article 289 du Code de l’enfant, qui interdit formellement la vente d’alcool aux moins de 18 ans. Et les constats réalisés sur le terrain témoignent d’une évolution encourageante. Dans la quasi-totalité des établissements visités, l’affichage réglementaire est visible, et aucun mineur n’a été repéré dans les lieux contrôlés. Une situation qui contraste avec les constats alarmants d’il y a encore quelques années.
Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Depuis près de trois ans, le tribunal pour enfants multiplie les actions de sensibilisation, les rappels à la loi, les rencontres avec les tenanciers et les contrôles inopinés. Cette présence régulière a fini par instaurer une culture de responsabilité chez de nombreux exploitants, désormais conscients des risques juridiques et sociaux liés à la consommation d’alcool par les plus jeunes.
Pour autant, Greta Marat-Abyla refuse de considérer ces avancées comme un acquis. Elle rappelle que la protection des mineurs exige une vigilance constante et appelle les responsables d’établissements à renforcer leurs pratiques, notamment en vérifiant systématiquement l’identité des clients dont l’âge semble incertain. Car un simple relâchement peut suffire à rouvrir la porte à des dérives que la loi cherche précisément à prévenir.
Cette initiative, de lutte contre la consommation d’alcool chez les jeunes de Port-Gentil, saluée par de nombreux acteurs locaux, mérite aujourd’hui d’être érigée en modèle national. Les autorités administratives, judiciaires et municipales d’autres provinces gagneraient à s’en inspirer pour renforcer la prévention, harmoniser les contrôles et protéger efficacement les jeunes Gabonais contre les dangers de l’alcoolisation précoce.
Port-Gentil montre qu’avec de la rigueur, de la pédagogie et de la constance, il est possible de faire évoluer les comportements. Reste désormais à transformer cet exemple en dynamique nationale, afin que chaque enfant, où qu’il vive, bénéficie du même niveau de protection.


























