Le président Cyril Ramaphosa a reçu mercredi à Pretoria les lettres de créance de vingt chefs de mission étrangers. Parmi eux, l’ambassadeur américain Brent Bozell, dont la présence en Afrique du Sud est déjà marquée par de sérieuses frictions diplomatiques avec le gouvernement sud-africain.
Une cérémonie protocolaire à la résidence Sefako Makgatho
C’est dans le cadre solennel de la résidence présidentielle Sefako Makgatho, à Pretoria, que la cérémonie s’est tenue. En recevant les lettres de créance de ces vingt représentants étrangers, parmi lesquels des diplomates du Zimbabwe, de Cuba, du Danemark et d’autres nations, le chef de l’État sud-africain a officialisé les relations bilatérales avec chacun de leurs pays respectifs et reconnu formellement leur statut d’ambassadeur accrédité.
Bozell accrédité, mais les relations avec Pretoria déjà compliquées
Arrivé en Afrique du Sud en février dernier, Brent Bozell s’est distingué dès les premières semaines de sa mission par des déclarations qui ont rapidement créé des remous. Le diplomate américain a affiché sans détour l’une de ses priorités : convaincre Pretoria de retirer la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ). Une position qui heurte directement la politique étrangère indépendante que revendique le gouvernement sud-africain.
Un rappel à l’ordre du DIRCO avant la remise des lettres
Les tensions ont encore monté d’un cran lorsque l’ambassadeur a publiquement commenté une décision judiciaire locale relative au slogan contesté « Tuez les Boers ». Cette sortie lui a valu une convocation au Département des relations internationales et de la coopération (DIRCO), qui lui a formellement signifié que de telles prises de position publiques sur des affaires internes étaient jugées inacceptables. Malgré ce rappel à l’ordre, Bozell a procédé mercredi à la remise de ses lettres de créance, accomplissant ainsi l’étape formelle qui officialise son statut d’ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud.
Des mots protocolaires, des enjeux bien réels
Lors de la cérémonie, l’ambassadeur américain a prononcé les formules d’usage, soulignant l’honneur que représente sa mission et transmettant les salutations du président des États-Unis au peuple sud-africain. Des mots courtois qui contrastent avec la tonalité des échanges bilatéraux des dernières semaines. La remise des lettres de créance marque certes l’officialisation du lien diplomatique, mais elle n’efface pas les désaccords de fond qui structurent déjà la relation entre Washington et Pretoria sous la présidence de Ramaphosa.
Une relation bilatérale à surveiller de près
L’accréditation de Bozell intervient dans un contexte où les rapports entre l’Afrique du Sud et les États-Unis traversent une phase de tensions inédites, alimentées notamment par la question israélo-palestinienne et les divergences sur la souveraineté judiciaire. La suite de la mission de l’ambassadeur américain s’annonce comme un test majeur pour la capacité des deux nations à maintenir un dialogue constructif malgré des visions du monde profondément différentes sur plusieurs dossiers géopolitiques.


























