Pendant plusieurs semaines, Port-Gentil a vécu une situation pour le moins déroutante : la capitale économique du Gabon, cœur battant de l’industrie pétrolière nationale, s’est retrouvée confrontée à une pénurie de pétrole. Un paradoxe qui a surpris, agacé et parfois inquiété les habitants, habitués à voir leur ville associée à l’abondance énergétique plutôt qu’à la rareté. Mais depuis quelques jours, la situation s’est nettement améliorée, grâce à une intervention rapide du ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, dépêché sur place pour rétablir l’approvisionnement.
Voir Port-Gentil manquer de carburant a mis en lumière la fragilité d’une chaîne logistique pourtant stratégique. Dans une ville où les majors pétrolières opèrent depuis des décennies, où les dépôts et terminaux rythment le quotidien, l’idée même d’une pénurie semblait improbable. Et pourtant, les files d’attente devant certaines stations-service ont rappelé que même les villes les mieux dotées peuvent être vulnérables à un incident technique.
Les rotations de camions-citernes, désormais plus fréquentes, témoignent du retour progressif à la normale. Les stations-service, longtemps sous tension, sont à nouveau approvisionnées. « Ce n’était pas une rupture généralisée, mais un problème ponctuel. Aujourd’hui, les cuves sont pleines et nous servons normalement », assure un pompiste, soulagé de retrouver un rythme de travail stable.
Selon les autorités, la pénurie trouve son origine dans la contamination d’un tank au dépôt pétrolier, un incident isolé mais suffisant pour perturber l’ensemble du circuit d’approvisionnement.
Le représentant régional du ministère précise que, sur instruction du ministre, un dispositif alternatif a été immédiatement mis en place, reposant sur un ravitaillement intensif par camions-citernes.
Cette réactivité a permis d’éviter une paralysie prolongée de la ville, dont l’économie repose largement sur la mobilité, la pêche, la logistique et les activités portuaires.
Pour les opérateurs économiques, notamment les pêcheurs, la pénurie a eu des conséquences directes. « Nous avons dû ralentir nos activités, mais dès lundi, nous reprenons la mer », confie un acteur du secteur halieutique. La disponibilité retrouvée du carburant marque donc le début d’une relance attendue.
L’épisode aura mis en lumière une réalité souvent ignorée : même les villes productrices ne sont pas à l’abri de ruptures locales, dès lors que la chaîne logistique se grippe. Port-Gentil, symbole du pétrole gabonais, a ainsi rappelé que la souveraineté énergétique ne se mesure pas seulement à la production, mais aussi à la capacité d’acheminer, de stocker et de distribuer.
Aujourd’hui, la situation se stabilise. Les stations sont ravitaillées, les activités reprennent, et les autorités assurent un suivi renforcé pour éviter toute récidive. Mais dans les esprits, demeure l’image surprenante d’une ville pétrolière… privée de pétrole.


























